[Berlinale] « Crosscurrent » : un long fleuve intranquille

16 février 2016 Par admin | 0 commentaires

Dans Crosscurrent (Chang Jiang Tu), le jeune directeur chinois Yang Chao invite le spectateur à suivre le capitaine Gao Chun dans une quête initiatique complexe et empreinte de mysticisme et de poésie.

Note de la rédaction :

Gao Chun (Qin Hao) entreprend de remonter à contre-courant le fleuve Jangtse, dans ce qui s’apparente tout d’abord à un voyage commercial en cargo. Son père est mort il y a peu et le jeune capitaine se sent porter la responsabilité de la libération de son âme. Le voyage devient rapidement une odyssée initiatique aux nombreuses étapes, semblables par leur rythme lent et uniques par leur registre poétique différencié.

La poésie, justement, se trouve dans les vers d’un ouvrage mystérieux que Chun découvre. Chaque étape a un poème qui lui correspond et une photographie qui lui est propre. Crosscurrent est un recueil de poésie cinématographique. Certains motifs (la jeune fille, le fleuve) obsèdent le voyage, d’autres reviennent de manière plus sporadique (le poisson, le Buddah, les autres hommes).
La jeune fille. Quand les marins de Jacques Demi voyagent « de filles en filles », celui de Yang Chao ne voyage qu’avec la même figure féminine (Xin Zhi Lei) comme origine et comme horizon. Aussi, le film rappelle par moments certains classiques de la Nouvelle Vague comme Pierrot le Fou, par la teneur des dialogues, la mise en exergue de la lenteur au service d’une esthétique de la contemplation.

Crosscurrent est un film dont il faut accepter les règles, celles d’un récit non-linéaire et souvent hermétique à l’image de sa poésie chinoise profondément déboussolante par son rythme, ses couleurs et son esprit.

De Yang Chao
Avec Qin Hao, Xin Zhi Lei, Wu Lipeng, Wang Hongwei, Jiang Hualin

 

Samuel Petit 


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