[Berlinale] Boris sans Béatrice, dépression extra

12 février 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Avec ce film de Denis Côté, on frôle l’OVNI cinématographique. Un objet unique sur la dépression et la place des proches.

Note de la rédaction :

Béatrice (Simone-Elise Girard) vient de quitter son poste au gouvernement après une soudaine dépression. Soudaine et rude, à laquelle s’ajoute une mélancolie qui la cloue au lit, muette, le regard vide depuis des semaines. Boris, son mari, engage Clara (Isolda Dychauk) pour s’occuper d’elle. Il est désormais seul dans son couple, eux qui riait tant. Un personnage mystérieux (Denis Lavant), vient troubler sa conscience pour l’aider, bien étrangement, à emmener Béatrice sur la voix de la guérison.

La scène d’ouverture annonce la couleur. C’est un OVNI que livre ce jour le cinéaste canadien Denis Côté. Le personnage de Boris Malinowski (James Hyndman) grand homme fier et arrogant, comme ne cessent de le répéter tous ceux qui le croisent est confronté à la maladie de sa femme et sa propre conduite, à son amour pour elle concurrent de son amour pour lui-même.

Les scènes du magasin, des colocataires Oreste et Electra, du trio des femmes de Boris sont particulièrement savoureuses. Le style tragicomique est tranchant lorsque l’on suit Malinowski se débattre dans la boue, la torpeur, les sables mouvants de la dépression. Il tente tout, des sensations fortes aux tentations meurtrières.

La clairière est le lieu central symbolique de ce combat intérieur, lieu de la mauvaise conscience, de la résistance à la culpabilité et à la responsabilité. Un voyage intérieur dans Béatrice et Boris, dans leur famille cassée.

Un beau film, que son sous-titrage à la Berlinale n’a pas servi. Une vraie réflexion originale sur la place de l’autre à côté de la maladie. Et sur la manière dont les mots, les décisions personnelles peuvent parfois faire reprendre des couleurs, à soi et aux autres.

De Denis Côté
Avec James Hyndman, Simone-Élise Girard, Denis Lavant, Isolda Dychauk, Dounia Sichov


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: