Musicora 2018 : le numérique mis en lumière

5 juin 2018 Par
Victoria Okada
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La 29e édition de Musicora, avec Richard Galliano comme parrain, s’est tenue à la Grande Halle de La Villette du 1 à 3 juin dernier.

musicora

En trois jours, 240 exposants, plus de 40 concerts, 80 ateliers d’éveil musical et d’initiation aux instruments, 40 conférences, 11 heures 30 d’émissions de France Musique en direct, des speed-meetings professionnels… Des thèmes comme « Musique et handicap » et « Musique à l’ère numérique » sont mis en exergue, mais l’ambiance n’avait plus celle des années fastes au Grand Palais.

Le programme montre des offres très variées couvrant de nombreux domaines, de la musique classique aux variétés. Des stands d’éditions et d’instruments — comme à l’accoutumée, la mezzanine entière est consacrée à la lutherie — dominent la surface, tandis que les ateliers d’enfants, également variés et nombreux, se pratiquent par inscription préalable dans des locaux fermés (certainement pour atténuer les soucis de volume sonore), ce qui rend le secteur assez discret. Seuls les enfants, en classe ou accompagnés de leurs parents, rencontrés dans les allées et à l’extérieur de la Grande Hall rappellent ces activités.

Si les sons du piano, du violon et d’instruments à vent sont permanents tout au long de la journée, la déambulation n’a plus de cette allure de fête que le salon a bien connu dans les années 90. On ne peut plus dénicher des partitions comme on le ferait chez les bouquinistes, ni « faire des magasins » d’articles dérivés, même juste pour le plaisir des yeux, car le nombre de ces « commerçants » a considérablement diminué.

Le vendredi 1er juin, sous la tente installée à proximité, les musiciens, individuels et groupes, notamment de musique baroque et ancienne (la présence de REMA, Réseau Européen de la Musique Ancienne fait venir de nombreuses formations baroques), se précipitent pour rencontrer des agents et autre professionnels de la musique en speed-meetings d’une quinzaine de minutes chacun. Dans une partie de la tente, on assiste à des conférences fort attirantes, (« Aller à la rencontre des nouveaux publics », « Stratégie de diffusion : comment se démarquer en 2019-2020 ? », « Enseignement de la musique et numérique : nouvelles pédagogies et nouveaux outils »…). Elles se déroulent presque en silence car les participants entendent la voix des intervenants que dans leurs casques. C’est certainement un moyen extrêmement efficace pour partager un espace assez restreint avec d’autres activités, mais excluent la possibilité d’entendre des propos auxquels on n’a pas forcément pensé en passant ou en y assistant par hasard…

Les sujets en rapport avec la technologie numérique sont de plus en présents. Outre la conférence citée précédemment, des démonstrations d’applications (NoMadPlay permettant de jouer d’un instrument chez soi avec l’orchestre ; T@lenschool par l’équipe pédagogique des Talens Lyrique, orchestre numérique de musique baroque avec lequel on peut choisir ses instruments, son style, son orchestration, et même ses ornementations…) et des présentations d’instruments avec application (Korn bass, violon V21, sylphyo, Accordina, guitare Galia…) rencontre un franc succès.

Coté concerts, parallèlement à des mini-récitals et concerts de musiciens confirmés (l’accordéoniste Richard Galliano, la violoniste Marina Chiche, le pianiste François Dumont, la soprano Valentine Martinez, le trio Atanassov piano-violon-violoncelle, et beaucoup de jazz, mais aussi le quintette de trombones, le tango, des musiques des ondes Martenot…), un choral des personnes en situation d’handicap marque l’esprit par leur joie de chanter.

Le salon s’est terminé le dimanche 3 juin, avec une note assez triste : le vol d’un alto de grande valeur (15 000 euros) fabriqué par un luthier montpellierain Yann Poulain, malgré la présence de nombreux autres confrères et agents de sécurité (info sur le site de France Musique).