Peter Doig : « la peinture devient intéressante lorqu’elle devient intemporelle »

26 juin 2008 Par Yaël | 1 commentaire

L’exposition Peter Doig est une première pour le peintre à Paris. Le Musée d’art moderne a rassemblé 40 peintures et près de 50 dessins de l’artiste. Grand voyageur, son œil s’est aguerri entre le Canada, Londres et Trinidad où il vit encore. Intemporelles, ses toiles parlent à tous, dans des couleurs vives et avec une intensité qui donne à réfléchir.

Il y a un peu de tout dans les paysages de Peter Doig : une patte impressionniste, un passé post-expressionniste, un certain surréalisme, et un réalisme qui mène vers une réflexion quasi-abstraite. Très inspiré par les dernières œuvres de Fautrier, Doig travaille à partir de photos qui sont pour lui une matière de mémoire.

Ses œuvres portent la trace de son nomadisme entre son Ecosse natale, le Canada, Londres et Trinidad, et la technique propre au peintre lui vient de la Saint-Martin’s School of Arts où il a étudié dans les années 1980. Ouvert à plusieurs cultures, Doig ne hiérarchise pas entre Damier et une pochette de Cd pop. Il en ressort pour ces toiles une sorte de naïveté accessible à tous.

A cela s’ajoute un travail éclaté dans le temps, comme le permet de le voir la salle où sont exposés les nombreuses esquisses préparatoires des canevas. C’est par couches et par moments que l’artiste complète ses toiles, leur donnant une intemporalité forte. Ni présents, ni nostalgiques du passé, ses grands paysages colorés où erre parfois un homme ou la trace de son passage (canoë, habitations etc…) donnent à voir du concret. Ne serait-ce que par l’épaisseur de la peinture, dont la texture est souvent très travaillée. Mais leur grande taille et leur mystère ouvre sur tout un monde lointain de réflexion personnelle pour le visiteur.

Etrangement inquiétantes, fonctionnant à la fois sur le mode de la surprise et du déjà vu, les peintures de Doig résonnent différemment en chacun. Les formes se mettent en mouvement, laissant l’œil qui les perçoit libre de s’y promener comme dans un rêve.

« Un tableau n’est pas fixe…Peindre c’est s’avancer sur une surface, s’y perdre, se perdre soi-même, aller au-delà de soi, marcher sur une étendue et s’y laisser engloutir physiquement » C’est à cet exercice aussi visuel que spirituel que Peter Doig nous convie jusqu’au 7 septembre au Musée d’Art moderne.

Peter Doig, jusqu’au 7 septembre, mar-dim, 10h-18h, nocturne jeu 22h, Musée d´Art moderne de la ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e, m° Iena ou Alma Marceau, 7,50 euros (TR : 5 euros).


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