Les crises du XXe siècle au musée de Luxembourg

7 novembre 2008 Par Annabel | 2 commentaires

La collection Berardo, qui réunit plus de 500 artistes ayant chacun contribué à l’évolution de l’art moderne de 1900 à nos jours, initiée au début des années 1990, pose enfin un pied à Paris. L’occasion pour Le Musée du Luxembourg d’offrir un aperçu des courants artistiques majeurs du XXe siècle en accueillant 74 des 862 oeuvres de la collection portugaise. Très belle et très instructive initiative qui rassemble de magnifiques oeuvres de Pollock à Gruber, en passant par Miro, Magritte et d’autres rarement, voire jamais, exposées en France comme Oscar Dominguez ou Robert Indiana.

L’idée principale de cette magnifique exposition consiste à parcourir l’art du XXe siècle dans le cadre de différentes périodes de l’Histoire au travers d’oeuvres qui expriment, soit l’inquiétude liée aux prémices de la Première guerre mondiale avec le courant de l’abstraction qui démarre vers 1910 avec Mondrian, Tanguy; soit la sensation que le monde court à sa perte lors de la période précédant la seconde guerre mondiale avec le surréalisme de Miro, Dali, Ernst, Breton ; soit encore la difficile reconstruction morale post-1945 avec les différentes recherches plastiques ; soit la violence silencieuse de la confrontation consumériste Europe-Amérique des années 1960 avec le Nouveau Réalisme et le Pop Art. Cinq salles permettent de déambuler entre ces différents courants avec une première salle dédiée aux coups de coeur du collectionneur José Berardo comme la Tête de Jackson Pollock ou bien un Nu assis à la chaise verte de Francis Gruber, qui serre le coeur.

pollock Tête de Jackson Pollock, 1938-1941

La salle suivante évoque le mouvement Dada et les origines du surréalisme avec des oeuvres tout simplement magiques comme les Coquilles-fleurs (1929) de Max Ernst, Le Couple (Oscar Dominguez, 1937), avec des couleurs souvent sombres marquant un avenir incertain. A découvrir également le cabinet de curiosités regroupant un objet de Salvador Dali, (Téléphone aphrodisiaque blanc, 1936), un paravent peint par Yves Tanguy (Le Firmament, 1932), une boîte de Joseph Cornell (Untitled,1956), des dessins par Victor Brauner, Joan Miró, Julio Gonzalez et Roberto Matta, et un Cadavre exquis de 1933 associant André Breton, Valentine Hugo, Tristan Tzara et Greta Knutson, qui expriment bien la variété des formes d’expression du surréalisme.

ernst

Coquilles-Fleurs de Max Ernst, 1929

La troisième partie présente les différents courants de l’abstraction géométrique en Europe entre les deux guerres. Une seconde oeuvre du Portugais Amadeo de Souza-Cardoso montre son évolution radicale vers l’abstraction. La collection, centrée sur la peinture de Piet Mondrian (Composition en jaune, noir, bleu, rouge et gris, 1923), voisine avec celle de Jean Gorin, qualifiée par Mondrian de «seul néo-plasticien français ». Le Pop Art américain et le Nouveau réalisme français sont présentés dans la section suivante, cette confrontation Europe-Amérique dans les années soixante ayant particulièrement intéressé le collectionneur, selon le commissaire de l’exposition, André Cariou. Le nouveau réalisme est représenté par des oeuvres d’Yves Klein et de Lucio Fontana ; des affiches arrachées de Jacques Villeglé sont présentées à côté de celles de Mimmo Rotella. Le Pop Art, quant à lui, est exprimé par des oeuvres de Robert Indiana, d’Andy Warhol et de Tom Wesselmann, à côté d’une sculpture de Jean Tinguely (Indian Chief, 1961) qui est aussi qualifiée d’oeuvre auditive.

warhol Ten Foot Flowers de Warhol, 1967

La dernière section offre un panorama, certes très incomplet, mais significatif, toujours selon le commissaire, des recherches de l’après-guerre. L’abstraction géométrique est représentée par la portugaise Maria Helena Vieira da Silva, puis par Victor Vasarely. L’exposition se termine avec un grand Frank Stella géométrique, (Hagamatana II,1967) mesurant plus de 4,50 m de long et dont on ne sait pas très bien comment la délimiter, s’agit-il d’une seule oeuvre ou de plusieurs rassemblées… Enfin une sculpture monumentale en bronze de César (Hommage à Léon, 1964) est placée sur le parvis du musée.

stellaHagamatana de Franck Stella, 1967.

De Miro à Warhol, la collection Berardo à Paris, musée du Luxembourg, jusqu’au 22 février 2009, tous les jours de 10h30 à 19h, nocturnes les lundi, vendredi et samedi jusqu’à 22h, 11 euros, TR : 9 euros, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e, Métro Saint Sulpice ou Odéon

Annabel Benhaiem


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