Les architectures imaginaires de Noémie Goudal au BAL

16 février 2016 Par Marie Crouzet | 0 commentaires

Largement célébré à l’étranger, le travail de la jeune photographe Noémie Goudal est présenté pour la première fois sous la forme d’une exposition individuelle en France. Avec 5ème Corps, l’artiste prend possession de l’espace du BAL avec une maîtrise surprenante. Entre fiction et réalité, ses œuvres en grands formats noir et blanc interroge notre perception de la réalité avec beaucoup de poésie. C’est la première fois que le BAL offre une place aussi importante à la jeune création et c’est à découvrir du 12 février au 8 mai 2015.

À peine la porte du lieu d’exposition ouverte, on entre de plein fouet dans l’univers de Noémie Goudal. Face à nous, un soleil noir en grand format extrait de sa série Station. Est-ce un montage ? Une image retouchée ? Comment la photographe a-t-elle construit une telle photographie ? La jeune artiste est une illusionniste. Cette dernière fabrique des installations de papier qu’elle photographie en réinterprétant le réel. Dans Station, les grandes sphères photographiées dans la nature sont suspendues à une poulie que l’artiste décide de nous révéler sur l’image. Devant ces photographies cosmiques, le simulacre, sciemment dévoilé, révèle l’humain derrière la construction.

Plus impressionnant encore, la série In Search Of The First Line installée au sous sol. D’immenses architectures, construites de toutes pièces, sont déposées dans des paysages désertiques, des étendues d’eaux ou des bâtiments laissés à l’abandon. Sortes de sculptures photographiques que Noémie Goudal imprime sur du papier et assemble sur des châssis et dont imperfections se révèlent au regard de celui qui s’y attarde. Le visiteur découvre alors la colle, le bois, les cordes… Oscillant entre le plat et le relief, le vrai et le faux, que faut-il croire dans ce que l’on voit ? Dans la série des Observatoires, les architectures largement inspirées de l’art brutaliste sont des surfaces planes, bien que l’image nous laisse penser le contraire. Chaque objet, construit en deux dimensions a pour unique finalité la photographie.

Aucune des images de l’exposition de Noémie Goudal s’ancre dans le temps et l’espace. D’ailleurs, l’absence totale de signalétique à l’intérieur de l’exposition renforce cette sensation de perte de repère. S’il n’y a aucun individu dans les images de l’artiste, l’humanité réside dans celui qui la regarde. L’immersion du spectateur est une notion fondamentale du travail de la photographe, en témoigne l’installation d’un stéréoscope spécialement conçu pour l’exposition, où le visiteur est au centre d’un dispositif qui lui promet bien des surprises.

Crédits Images:

- Station II © Noémie Goudal / Galerie Les filles du calvaire / Galerie Edel Assanti
-  Observatoire VIII © Noémie Goudal, Courtesy Noémie Goudal / Edel Assanti / Les filles du calvaire

- Observatoire IX © Noémie Goudal, Courtesy Noémie Goudal / Edel Assanti / Les filles du calvaire


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: