L’ Avant-garde russe/ Collection Costakis au Musée Maillol

23 décembre 2008 Par Yaël | 1 commentaire

Jusqu’au 2 mars, le musée Maillol expose 200 œuvres issues de la collection de Georges Costakis (1300 pièces), habituellement exposée au musée d’art moderne de Thessalonique.

Grec ayant vécu à Moscou, Georges Costakis a réuni des joyaux de la peinture russe du premier XX e siècle.

C’est l’occasion de comprendre dans ses détails la diversité des courants formant ce que l’on appelle généralement « l’Avant-garde russe » et de se délecter devant de superbes toiles de Malevitch, Popova, Rodtschenko et Nikritine.

 

 

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Alors qu’on a souvent tendance à limiter l’Avant-garde russe aux années 1920 (avant 1932 et la loi d’airain du réalisme socialiste) et à la voir comme une série de courants circonscrits (cubisme, futurisme, et l’un plus l’autre), l’exposition des pièces maîtresses de la collection Costakis au musée Maillol permet de comprendre combien ce nom générique recouvre des mouvements divers, foisonnants et en dialogue.

Ainsi, la visite commence par des toiles inattendues de Malvitch et Klioune : des portraits quasiment « fauves » de 1909-1910. Dans la « femme en couches » de Malevitch, il y a même quelque chose de Gustav Klimt.

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Malevitch

Les toiles des années 1914-1917 de Morgounov, et Oudaltsova sont bien cubistes.

 

 

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Morgounov

Plus loins, les tableaux du début des années 1020, signés Klioune, Rodtschenko ou Popova sont très géométriques et proches des toiles de Picabia (période « orphiste »).

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Rodtschenko

Dérivées du futurisme mais allant vers l’abstrait, les « architectoniques picturales » de Lioubov Popova sont représentatives du courant « suprématiste » (« au-dessus de tout »), crée par Malevitch en 1915.

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Popova

En parallèle nait en 1922, le mouvement constructiviste de Vladimir Tatline, qui va vers la matière industrielle, plutôt que vers l’abstrait. La collection Costakis montre deux très belles toiles constructivistes de Tatline : « Relief pictural » et « Contre-relief ».

Se tournant vers les arts appliqués le mouvement constructiviste a encouragé les artistes de l’avant-garde russe à produire des biens de la vie quotidienne : de la vaisselle, des affiches de théâtre, des tracts politiques, et même des plans architecturaux (Kloutsis).

La cuisine communautaire soviétique de Kabukov (1992-1993), exposée en sous-sol depuis maintenant quelques temps au musée Maillol, s’intègre parfaitement dans cette perspective constructiviste.

A l’étage, l’exposition pose l’hypothèse que l’avant-garde russe a survécu à l’impératif socialiste, et que même obligés de renouer avec la figuration, par crainte d’être accusés du crime de « formalisme », les artistes ont su jouer avec les limites de la représentation traditionnelle.

Ainsi, après les expérimentations de l’art analytique par Filonov, ou le pinceau sans peintre,  les toiles organicistes de Matiouchine collent des formes ensemble pour en faire des organismes vivants.

Les artistes Rodko et Rodtschenko reprennent les lignes de force de leurs toiles abstraites pour structurer leurs œuvres représentatives.

Et enfin, le surprenant Nikritine insuffle une poésie presque symboliste dans des tableaux en deux dimensions respectant parfaitement l’apparence souhaitée par les censeurs soviétiques.

Très riche, présentant des œuvres époustouflantes et qu’on a rarement l’occasion de voir, « L’Avant-garde russe dans la collection Costakis » est un « must-see » de l’hiver parisien.

 A noter : l’exposition Séraphine, la femme de ménage –peintre dure jusqu’au 5 janvier.

 Jusqu’au 2 mars 2009, L’Avant-garde russe dans la collection Costakis, Fondation Dina Vierny, Musée Maillol, 61, rue de Grenelle, Paris 7 è, M° Sèvres-Babylone ou Rue de Rennes, tljs sauf mardi, 11h-18h, 8 euros (TR 6 euros). 

Yaël Hirsch

 


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