[Interview] Korrespondance artistique entre la France et la Russie

26 mai 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Créée en 2015 par trois passionnées d’art russe et français, Caroline Kim, Anna Vikhrova et
Svetlana Belova, l’association KORRESPONDANCE lance son site internet dédié à ses actualités,ses projets et aux coups de cœur artistiques et culturels des membres de l’association.

Quand et comment s’est faite la rencontre entre Anna Vikhrova et Caroline Kim ?
Caroline: J’ai rencontré Anna Vikhrova à Moscou. J’y ai travaillé quatre ans, une année chez Renault-Avtoframos, puis trois ans comme rédactrice-en-chef du journal francophone de Moscou, le Courrier de Russie. Ensemble, avec Anna, nous avons visité Moscou et ses musées. La famille d’Anna est moscovite depuis quatre générations, elle-même est passionnée d’art et elle adore sa ville, c’était un vrai bonheur.

Pensez-vous que par rapport à d’autres discipline comme la musique ou la danse, les changes en arts plastiques entre la Russie et la France soient un peu en retrait ?
Anna: C’est vrai, ces derniers temps les musiciens et danseurs russes sont largement reconnus, alors que les noms d’artistes russes sont moins présents dans le galeries et les musées parisiens que ceux de leurs collègues anglais, américains ou asiatiques. Toutefois, ces quinze dernières années tout a changé rapidement. La société russe réexamine l’héritage culturel de la seconde moitié du XXème siècle, de nouveaux noms sont reconnus. Dans la Russie multiculturelle, des artistes membres de minorités ethniques – Bouriates, Mordves, Géorgiens… – font beaucoup parler d’eux. La période récente de l’histoire russe influence positivement l’essor culturel. De nouveaux musées d’art contemporain ouvrent en France, un rapprochement très riche entre la culture passée et contemporaine se produit tant dans l’architecture, dans l’urbanisme, que dans la scultpture et la peinture.

Pouvez-vous nous parler du travail du premier artiste russe que Korrespondance veut exposer en France, Dashi Namdakov ?
Caroline. Nous sommes les représentants officiels de la fondation artistiques Dashi Namdakov en France. Bouriate, cet artiste travaille aujourd’hui à Londres. Déjà très reconnu dans son pays (il a exposé dans la très renommée Galerie Tretyakov, à l’Ermitage…) il produit des sculptures d’une expressivité exceptionnelle. Son style est très ancré dans la culture d’Asie Centrale, et pourtant il nous touche au plus profond de nous-même. Ses oeuvres sont à la fois puissantes et tendres, belles et cruelles. Elles possèdent une certaine universalité et une grande modernité. C’est Anna qui m’a fait découvrir son travail, il y a une bonne dizaine d’années. Depuis, je rêve de le faire venir en France, pour le faire découvrir dans mon pays. A noter que nous nous efforçons de publier régulièrement des actualités sur cet artiste sur notre site, www.korrespondance.org

Quel est le premier artiste français que vous voudriez exposer en Russie et où ?
Caroline. Nous sommes encore en réflexion à ce sujet, et nous ne pouvons donc pas dévoiler de noms à ce stade. J’ai par exemple beaucoup aimé le travail de Nathan Chantob que j’ai découvert à l’exposition de l’association La Palette Russe à la fondation Alliance française de Paris. Mais nous n’en avons pas encore parlé en interne ni avec lui alors il est beaucoup trop tôt pour faire de quelconques conjectures!

Comptez-vous exposer des artistes contestataires ou politiquement engagés ?
Anna. Sans doute pas. Ce sont des positions déjà largement occupées par les galeries et les musées d’art contemporain. Notre préférence va vers des artistes dont les oeuvres seront selon nous toujours actuelles dans 50, 100, 1000 ans… L’art à connotation politique ressemble parfois aux actualités. Il est intéressant aujourd’hui, demain il sera oublié. Alors que les films de Godard et de Tarkovski, par exemple, trouveront un public auprès de nos enfants et de nos petits-enfants. Il en est de même avec les arts plastiques.

Pour l’instant à quel rythme prévoyez-vous des événements ? Avez-vous des liens forts avec l’ambassade de Russie ? ou d’autres organismes comme le Le Centre de Russie pour la Science et la Culture à Paris?
Anna. Notre association est encore jeune, mais nous avons des liens avec le Musée Pouchkine et la galerie Tretyakov à Moscou, avec des galeries… A Londres, nous sommes en lien avec la galerie qui expose régulièrement Dashi Namdakov, la renommée galerie Halcyon. Une collaboration avec les ambassades se montera sans doute peu à peu. Nous aimerions aussi travailler avec des institutions comme le musée de la Fondation Louis Vuitton, le musée de la Fondation Cartier…

Vous parlez de projets en commun au travers d’écoles et de pédagogie, pouvez vous préciser quelles institutions vous avez en tête et si des premiers contacts ont été pris ?
Anna. Nous sommes aussi en train d’y travailler. Nous sommes notamment en contact avec le centre d’éducation esthétique Museon du Musée Pouchkine.

Au lendemain du festival de Cannes, auriez vous un avis sur le travail du réalisateur et metteur en scène russe retenu pour la section un certain regard, Kirill Serebrennikov?
Caroline. Je connais bien sûr le travail de Kirill Serebrennikov, au moins de loin – je n’ai pas vu ses pièces de théâtre par exemple. Son approche peu traditionnelle des arts visuels, portée par sa formation classique, sera certainement porteuse d’une sélection intéressante.
visuel : homepage du site


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