Hommage à un grand reporter à la MEP : Göskin Sipahiologlu

10 novembre 2008 Par marie | 0 commentaires

Göskin SipahiologluGuerre civile à Djibouti, barricades de Mai 68 à Paris, dernier grand défilé communiste à Pékin, le reporter d’origine turque Göskin Sipahiologlu fut sur tous les fronts. La Maison européenne de la Photographie lui rend hommage jusqu’au 25 janvier 2009.

 

  Göskin Sipahiologlu  fut partout… Partout le « premier« , bien des fois le « seul »… Le mot revient sans cesse dans les commentaires de ses photos exposées à la Maison Européenne de la Photographie. Né en 1926 à Izmir, il découvrit le journalisme très tôt, à 12 ans, à l’occasion d’une enquête sur les souterrains d’Istanbul. Dès ce moment, de journaux en photos, de voyages en reportages, de photos de stars à l’agence photographique qu’il fondit, SIPA, M. Sipahiologlu n’a jamais cessé  de lâcher l’objectif.

L’exposition s’ouvre avec une de ses « premières photos de journalistes », un de ses premiers scoops aussi, celui des militaires égyptiens agonisant à la suite de la campagne militaire israélienne dans le Sinaï, en 1956. Göskin Sipahiologlu fut le premier à couvrir ce conflit de manière aussi audacieuse, comme il fut le premier, en 1961, à se rendre comme photographe dans l’Albanie communiste (sous le régime d’ Enver Hoxha, de 1945 à 1990, le pays fut coupé du monde). A Cuba, durant la crise des missiles, ce fut le seul journaliste occidental à ne pas s’être fait arrêté ou surveillé : c’était sous la couverture d’un matelot qu’il prenait ses photos, notamment celle de cette jeune femme tenant la garde devant une banque : 

cuba

Cuba, Cambodge, Djibouti, Chine… tandis que les deux superpuissances se narguent froidement, les armes fleurissent. En Chine communiste, elles sont portées par les étudiantes qui s’entraînent à viser « l’ennemi », les Etats-Unis. Au Cambodge, au moment de la prise du pouvoir par les Kmers Rouges, les enfants les portent en jouant avec des voitures. En 1966, c’est sur un théâtre d’opération un peu plus calme que le journaliste du grand quotidien turc Hürriyet fut envoyé : la France. La belle parisienne offrira au coureur de scoops la possibilité de grands clichés : Mai 68 est lancé, Göskin Sipahiologlu mitraille les CRS, les étudiantes blessées et les écoliers qui passent par les barricades pour se rendre en classe. Et, alors que tous les journalistes se pressent dans une Sorbonne bondée pour le discours de Cohn Bendit, le photographe se faufile, appelle le leader qui se retourne, et clic… : Cohn Bendit devant des milliers d’étudiants, une photo inédite ! En 1970 en Chine, Göskin Sipahiologlu fut aussi le seul reporter étranger à avoir pu admirer les répétitions de ce qui allait être le dernier grand défilé de la Chine communiste : danseuses, armée, fenouils géants, « Ce fut grandiose ! » s’exclame-t-il.

L’exposition se termine par la photographie d’une vieille femme chinoise se tenant collée à un arbre. « C’est une de mes photos préférées» écrit celui qui avait traqué les grands fastes, les affreuses scènes de guerre et fait jouer les paparrazi à ses photographes de SEPA.

djibouti

Maison Européenne de la Photographie, Jusqu’au 25 janvier 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, Métro Saint Paul ou Pont Marie, ouvert du merc au dim de 11h à 19h45, Tarif : 6 euros, TR : 3 euros, gratuit tous les mercredis dès 17h.

 

Marie Barral

 


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