Les ondes majestueuses de Laurent Grasso à la Galerie Perrotin

7 septembre 2018 Par
Yaël Hirsch
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Après Elysée qui interrogeait les arcanes du pouvoir, l’artiste français Laurent Grasso est de retour à la Galerie Perrotin avec le sismique « OttO ». Jusqu’au 6 octobre.

L’exposition est présentée à la fois comme un grand festin esthétique et un palimpseste scientifique de chercheur. Articulé autour de la vidéo « OttO » (2018) qui doit son titre au prénom de l’ingénieur allemand Winfried Otto Schumann et de owner Otto Jungarrayi Sims, ce nouveau travail de Laurent Grasso part de sites sacrés nord-australiens explorés en pionniers par des drones pour nous proposer toute une réflexion sur les ondes et les formes secrètes que leur autre réalité fait émerger. Ce travail est multimédia, souvent sculptural, visuellement beau, toujours surprenant et envahit tout le rez-de-chaussée de la galerie en une expérience immersive très ordonnés.

Tout commence au pied des escaliers, avec « Solar wind » un écran led en verre transparent teinté de rouge théâtral. Diamétralement opposées et allongées dans l’herbe les « paniers » en marbre rouge jouent les vestiges. Près de la vidéo une sculpture lumineuse représente la très hégélienne « Chouette de minerve » et un circuit en cuivre « Olom » réchauffe les yeux. Au cœur de l’exposition les deux installations sculpturales « Strader aparat » « Ether » et « The Schumann spheres » jouent du cuivre, du cette et du fil de cuivre pour nous irradier de manière un peu surréaliste.

Aux reflets irisés de la grande « Raie électrique » répond la pâleur luminescente d’un portrait de l’ingénieur russe Georges Lakhovsky. Enfin faussement primitifs, l’enfant « Pulka Karinya » en bronze et l’huile sur toile « Study into the past » nous font renouer avec une certaine innocence. Les ondes et l’histoire de la science comme dessous de notre réel sont un terrain d’enquête parfaitement beau pour Laurent Grasso.

Visuels : photo prise lors du vernissage (c) YH