[Interview] Sophie Scheidecker « La photographie raconte une histoire mais reste dans un mutisme obstiné »

9 mai 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

A partir du 20 mai, la galerie  Sophie Scheidecker proposera une exposition dédiée à la photographie argentique au titre élégant « L’éclat du Silence ». L’occasion de voir exposé Stéphane Fedorowsky qui montre actuellement ses « constructed abstractions »  à la galerie Snap  d’Orlando 

Pourquoi consacrer une exposition à la photographie argentique ?

La photographie argentique est un médium dense, le jeu de la lumière par différentes techniques de rayogramme, solarisation de surimpression etc.  permet de révéler une matière nouvelle, une image inattendue. Les photographes utilisant l’argentique font au développement, ce que font les peintres, au sens large du terme, et les dessinateurs en jouant avec les matières palpables qu’ils utilisent. Créer à partir de la matière lumière est fascinant. Montrer cette richesse et cette diversité possible sur  des photographies en noir et blanc nous ont donné l’envie de faire cette exposition.

Vous mettez côte à côte les vivants ( Stephane Fedorowsky…. ) et les morts ( Man Ray…). Souhaitez vous raconter les filiations entre les artistes ?
La galerie Sophie Scheidecker est une galerie d’art moderne. Nous ne sommes pas spécialisé sur un médium en particulier, plutôt sur une époque, mais sans œillère. La richesse de nos expositions de groupe se trouve souvent dans le dialogue entre les artistes modernes et les artistes contemporains. Il n’est pas question de parler de filiation mais plutôt d’échange et de mise en perspective d’artistes toutes époques confondues autour d’une thématique.

Enfin, le titre est magnifique, l’éclat du silence, pouvez-vous me raconter son origine ?
La photographie est comme un film, sans mouvement et sans bruit. « L’éclat du silence » fait échos aux mots de Roman Cieslewicz à propos du travail de Claude Ferrand. La photographie raconte une histoire mais reste dans un mutisme obstiné. Pourtant chaque photographie, chaque œuvre, porte un bruit sourd, celui de l’échange entre le photographe et son modèle, celui de la vie qui entoure le photographe qui capture l’instant. L’éclat fait évidemment référence à la lumière, matière première du photographe, le silence fait échos à ce bruit inaudible, raconté dans chacun des clichés. Réflexion qui nous a mené à John Cage qui a créé à la fin des années 1940, « 4’33 » ouvrant sur le questionnement profond de l’impossibilité du silence.

Galerie Sophie Scheidecker
14 bis rue des Minimes
75003 Paris
+33 1 42 74 26 94

www.galerie-sophiescheidecker.com

 

Image : ©Stéphane Fedorowsky


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