[Art Basel 2016] Jungle, pièces de musée et créativité à Bâle

17 juin 2016 Par Yaël | 1 commentaire

La 47 e édition de la plus grande foire européenne d’Art Contemporain, Art Basel 2016 ouvre ses portes du 14 au 19 juin. Comme chaque années, la ville de Bâle vit au rythme de l’art contemporain avec son Kunstmuseum, la Fondation Beyeler, ses offs, ses galeries et ses soirées. Et la foire elle-même offre non seulement un rendez-vous central  titanesque en forme circulaire un rez-de chaussée où les galeries exposent des pièces de musées, un étage plus créatif et contemporain (avec des prix un peu plus abordables) mais aussi des pièces immenses (Unlimited), des coups de projecteurs d’artistes montants (Statements), des performances, des rencontres, un programme de cinéma, un parcours de sculptures et d’installations dans la ville et un espace réservé au design. En tout ce sont 286 galeries venues du monde entier qui donnent rendez-vous aux amateurs d’art à Bâle. Toute La Culture a écumé avec jubilation la foire et vous livres ses impressions et ses conseils d’orientation.

Note de la rédaction :

Mardi 14 juin à 11 heures, c’est une longue file d’attente qui emplit la place principale de la Foire de Bâle, à l’heure où Art Basel ouvre ses portes aux premiers happy few et tandis que la sécurité officie avec soin. Nous commençons donc par une section à la fois parallèle et centrale : le design.  Alors que les galeries sont toutes déployées à l’étage, le Rez-de Chaussée at plafond haut perché est comme chaque année l’occasion d’une exposition monumentale « Design at large ». Placée en 2016 sous le commissariat de la rédactrice en chef italienne Martina Mondadori, cette exposition d’habitats qui ressemblent à des cabanes ou des campements fait écho à l’installation de la place centrale de la foire et n’est pas du meilleure goût scénographiée et titrée ainsi.  A l’heure où l’Europe connaît le plus grand afflux de réfugiés jamais connu depuis la seconde guerre, les campements de « Civilized peimitive » de Kiki Van Eijk’s troublent par leur luxe faussement décontracté, même à côté d’une structure plus classique signée Jean Prouvé. A l’étage dans un élégant parcours à la lumière tamisée, l’on comprend que la tendance Jungle est de mise, avec des plantes folles un peu partout et l’on se réjouit de retrouver Zaha Hadid dès l’entrée, de découvrir que Ai WeiWei fait des bijoux (erastudio) et l’on se délecte de l’élégance des stands où l’on retrouve des éditions précieuses, des années 1900 à nos jours. Pour cette édition 2016, le classicisme est de mise, avec certains mélanges flamboyants, par exemple chez la galerie Downtown Paris où le commissaire François Laffanour met vraiment en scène un mobilier des années 1950 signé Charlotte Perriand, Jean Privé ou Pierre Jeanneret.

Vers midi, nous entrons dans le saint des saints et bien que nous eussions aimé débuter par le premier étage, dédié à la création plus récente et à des œuvres plus contemporaines, un peu plus abordables et moins muséales (la galerie Marian Goodman, par exemple, a un stand à chaque étage et propose ses grands noms aux rez-de-chaussée et ses artistes plus jeunes ou pointus à l’étage), nous sommes rapidement happés par l’incroyable concentration de chefs d’oeuvres du Rez-de-Chaussée. Des impressionnistes à nos jours, les plus grandes galeries du monde semblent s’être donné le mot pour – encore plus que les années précédentes- nous donnent l’impression d’avoir constitué le plus grand musée du monde. Alors que c’est évidemment chez Gagogsian que la foule se pressait, comme chaque année et peut-être encore plus,  Van de Weghe, Waddington Custot, Acquavella, Karsten Greve Michael Haas, Lelong, Malborough et autres précieuses galeries rivalisaient de grandes toiles de Basquiat, Dubuffet ou Picasso. Parmi nos coups de coeur : l’armée en bronze des standing figures décapitées de Magdalena Abakanowicz était bien de notre époque,  la galerie Landau exposé un Delvaux merveilleux et les peintures de Jean Arp de la Galerie Nathalie Seroussi sont très intéressants.   A noter également en 2016 :  pas mal de sculptures de Thomas Schutte et de toiles de Sigmar Polke ont marqué la foire.

Après cette concentration d’énergie, de créativité et d’oeuvres maîtresses (qui commencent dans les 300 000 euros du moins sur toile ou en bronze), l’étage nous a paru vraiment décevant, avec certes quelques Balkenhol (Stephen Friedman), Kentridge (Marian Goodman) et Kiki Smith intéressants mais beaucoup de pop, de coloré et surtout des œuvres qui semblaient de pâles copies de ce qu’on avait pu admirer « en bas » en version moins bien et moins chère… Notre coup de coeur? Les sculptures de Guillaume Leblon chez Jocelyn Wolff et l’intéressant Modular Histories qui présente ensemble Mircea Cantor, Eugenia Pop et Mihal Olos.

Sortis de la foire, nous avons pu entrer dans le monde gigantesque des installations Unlimited de Art Basel. Et les 88 oeuvres formaient encore une fois un ensemble unique au monde,signées entre autres par Hand Oop de Beck, Ai Weiwei, Kader Attia, Dan Graham, Mike Kelley, William Kentridge, Jannis Kounellis, Joseph Kosuth, Louise Lawler, Sol LeWitt, Paul McCarthy, Pamela Rosenkranz, Martha Rosler, Frank Stella and James Turrell. A noter cependant : une tendance de cet Unlimited à devenir plus muséal, avec des œuvres déjà classiques (et toujours monumentales) signées Alechinsky ou Christo. C’est donc plutôt du côté de Statements, les artistes montants présentés par les galeries, qu’il faut se pencher pour interroger lacréation.

Alors que Art Basel s’est installé dans toute la ville de Bâle avec un « Parcours » d’installation imaginé par Samuel Leuenberger, à suivre et à voir, samedi 18 juin, la foire vous enjoint d’effectuer ce parcours avec une série de performances organisées autour de Munsterplatz. Pour plus d’informations, c’est ici.

visuels : YH

 


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

COMMENTAIRES:

  1. Ping : A la foire de Bâle, l'art de la démesure - Mes Actus

Laissez un commentaire: