Les voyages imaginaires de Picasso s’exposent à Marseille

26 mars 2018 Par
Yaël Hirsch
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Ballets au Mucem et masques et cartes postales au Centre d’art de la Vieille charité, les voyages d’un Pablo Picasso qui n’a presque jamais quitté l’Europe s’exposent en majesté à Marseille.

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D’un côté, sur les hauteurs du fort Saint-Jean, le Mucem condense en une salle le lien de Pablo Picasso avec les ballets russes et la manière dont il a dessiné rideaux, maquillages et costumes, s’inspirant d’antiques traditions napolitaines, ou andalouses. En quelques esquisses, un tableau loge magnifique, l’évocation du rideau de Parade et un film c’est tout le compagnonnage avec Diaghilev qui est signifié. Et grâce aux collections méditerranéennes du musée, nous voyageons dans les couleurs puisantes du sud avec l’imaginaire de Picasso.

Beaucoup plus vaste, et mettant admirablement en avant des œuvres mythiques des collections du Musée Picasso, l’exposition Voyages Imaginaires au Centre Vieille Charité suit le développement de l’art de Picasso de la période bleue aux années 1950 en quatre salle et sept destinations imaginaires. L’Afrique fantôme qui la hante depuis le Trocadéro et où il n’a jamais mis les pieds pour le cubisme, Rome et la Grèce pour le retour à l’Antique des années 1920 avec Olga, le soleil noir du désir pour Dora Maar et Marie-Thérèse et puis, à la mort de Matisse la volupté dès odalisques minimalistes qui font voyager vers l’orient. Le tout est ponctué de nombreuses cartes postales envoyées de vraiment loin par des amis à celui qui voyageait toujours en train pour revenir à la Provence . Picasso disait que si l’on dessinait la carte de ses voyages, l’on verrait probablement un immense Minotaure se former. Comme cet animal mythologiques, les voyages de Picasso ont surtout existé dans sa tête et sa créativité.
Visuels : photos des expositions (c) YH