Vois… lis… voilà… Béatrice Poncelet en scène au musée de l’illustration jeunesse de Moulins !

20 avril 2018 Par
Magali Sautreuil
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« Vois… lis… voilà »  l’exposition consacrée à Béatrice Poncelet au musée de l’illustration jeunesse de Moulins ! Jusqu’au 17 juin 2018, l’artiste franco-suisse vous invite dans l’intimité de son atelier, au cœur du processus de création de ses livres. Son univers riche et foisonnant sera plaire aux petits comme aux grands ! Le risque : repartir de l’exposition avec l’intégralité de ses ouvrages !

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Affiche de l’exposition.

Universels et intergénérationnels, les livres de Béatrice s’adressent à tout le monde. Au fil de votre visite, vous serez sans nul doute impressionnés par le nombre et la diversité des références auxquels ils font allusion. Celles-ci trouvent leurs racines dans son enfance : élevée dans un atelier, entourée de montagnes de bouquins, Béatrice développe dès son plus jeune âge un goût prononcé pour la littérature et les arts, qu’elle continuera d’alimenter par la suite.

Chaque ouvrage est ainsi truffé d’indices, faisant écho non seulement à ses propres souvenirs, mais aussi aux nôtres. Tout y est signifiant ! Derrière chaque livre se cache donc un travail d’une extrême minutie ! Il lui faut en effet presque deux ans pour en réaliser un ! Aucun détail n’est laissé au hasard: Texte, typographie, format, papier, technique et médium (gouache, collage, gravure…), tout est pensé et parfaitement orchestré ! Les livres de Béatrice forment un tout, où textes et images sont indissociables. Ils sont conçus de façon à donner des indices graphiques au gamin qui ne sait pas encore lire, afin qu’il comprenne ce qui se passe pour revivre à sa manière l’histoire qu’on lui a contée.

Persévérante et exigeante, Béatrice se donne les moyens de réaliser ses projets et ses idées. Elle a su développer une démarche artistique très personnelle, mariant images et textes dans un langage très visuel. Les études qu’elle a suivies, notamment à la Kunstgewerbe Schule (Suisse allemande), où certains de ses professeurs avaient été élèves au Bauhaus, ne sont sans doute pas étrangères à la qualité et à la rigueur de son travail !

Certains d’entre vous pourraient être surpris par le temps et le soin que Béatrice accorde à la conception et à la réalisation de ses livres. Mais pour elle, c’est une évidence : « Mon travail doit être irréprochable. On doit ce qu’il y a de meilleur aux enfants. L’enfance est certes la période la plus courte de la vie, mais aussi celle qui marque le plus ». L’enfant est un adulte en devenir, avec qui l’on peut et l’on doit aborder tous les sujets, y compris des thèmes assez graves, non pas de façon « édulcorée », mais avec délicatesse et finesse. L’idée est de préparer le jeune lecteur aux aléas de la vie. Par exemple, dans son ouvrage « Les Cubes » (Seuil jeunesse, 2003), il est question de la maladie d’Alzheimer. Présenté dans la dernière salle de l’exposition, qui est consacrée à la vieillesse, il est mis en scène de manière particulièrement émouvante et poétique : D’anciens puzzles constitués de cubes font allusion à la maladie d’Alzheimer. Plus on les retourne, plus l’image se fragmente, comme les souvenirs, au fil du temps, qui se brouillent…

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Salle 5 : « Les Cubes ».

Le souvenir, la mémoire, le temps qui passe, les générations qui se succèdent, l’héritage et la transmission sont d’ailleurs au cœur des ouvrages de Béatrice. La scénographie de l’exposition fait d’ailleurs écho à ces préoccupations. Chacune des cinq salles est consacrée à un âge de la vie : on accompagne ainsi l’enfant, de sa naissance au crépuscule de sa vie…

Nous ne sommes plus dans un musée, mais dans la maison familiale, où l’on voit, au fil des salles, l’enfant grandir… Les ouvrages de Béatrice nous invitent d’ailleurs, non pas à lire une histoire, mais à partager des fragments du quotidien, des moments de vie dans lesquels chacun peut se reconnaître. Dans ses livres, on ne voit quasiment jamais les personnages. Ils sont simplement suggérés par les objets, la typographique, le médium et la technique utilisés. On les découvre donc simplement à travers leur intimité. Les adultes sont déroutés, mais pas les enfants.

Ce sentiment de proximité et d’intimité est renforcé par la présence des nombreux bibelots et jouets, qui ont inspiré les ouvrages exposés. La présence de ces objets n’est pas anodine. En effet, chaque salle rappelle le processus créatif de l’artiste. Dans chacune d’entre elles sont exposés trois albums à feuilleter. Autour de ces derniers, on retrouve les objets qui les ont inspirés, leur maquette, ainsi que des tirages agrandis de certaines illustrations.

Béatrice sont particulièrement impressionnantes ! Présentées sous forme de livre-accordéon, elles offrent une vision globale de l’histoire qu’elles racontent, à l’instar des story-boards des films d’animation ! Coïncidence ? Pas vraiment ! Béatrice a enseigné le cinéma d’animation à l’INA (l’institut national de l’audiovisuel). Véritables livres-objets, ces maquettes constituent le cœur de chaque salle. Suspendues à des ficelles, qui évoquent les connections cérébrales, elles font le lien entre les différents objets exposés dans chaque pièce.

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Salle 1 : La toute petite enfance.

Chaque œuvre fait écho à un objet. Il est assez amusant d’essayer de repérer dans la salle les sources d’inspiration. On peut voir ainsi un même objet, représenté avec différents médiums et techniques !

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Prenez le temps d’observer, vous pourrez toujours lire ou relire les cartels chez vous ! En effet, pour une fois, on peut piquer les feuillets de salle ! C’est même recommandé ! On peut ainsi se concentrer sur les œuvres. Une fois chez soi, on pourra revivre, seul ou en famille, les moments forts de l’exposition, en lisant ou relisant tranquillement les cartels, tout en conservant un agréable souvenir.

D’autres moments à partager parsèment l’exposition. La question de l’échange et de la transmission étant au cœur de l’œuvre de Béatrice Poncelet, l’exposition intègre un parcours pédagogique pour les enfants avec des mini-jeux, composés autour de trois modules : en bas des escaliers, à l’entrée de l’exposition, les enfants sont invités à créer une cocotte en papier qui leur servira de guide pour comprendre l’œuvre de Béatrice et porter un regard différent sur les œuvres qu’ils s’apprêtent à découvrir. Entre les salles 3 et 4, un jeu sur la thématique de l’écriture et de la typographie leur propose d’écrire l’intime…

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Module 2 : Écrire l’intime avec Béatrice Poncelet.

Enfin, entre l’avant-dernière et l’ultime salle, un jeu sur les cinq sens fait appel à notre mémoire et à nos souvenirs. Les odeurs de goûter détermineront sûrement la suite de la visite !

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Module 3 : Souviens-toi…

Ces modules pédagogiques permettent non seulement de mettre l’exposition à la portée des enfants, mais favorisent aussi leur implication : ils deviennent ainsi acteurs de leur visite et l’exposition devient un moment d’échange et de partage autour des quelques 80 œuvres et la quinzaine de maquettes prêtées par l’artiste ! Vois… lis… voilà !

Informations pratiques :

Titre : « Vois… lis… voilà ! »

Genre : Rétrospective consacrée à Béatrice Poncelet

Commissariat d’exposition : Béatrice Poncelet et Emmanuelle Martinat-Dupré

Scénographie : Dominique Lefebvre

Graphisme de l’exposition : Com@lamaison

Parcours pédagogique et médiation : Emmanuelle Audry-Brunet, Dominique Astaix et Aurélie Forestier

Lieu : Musée de l’illustration jeunesse – 26 rue Voltaire – 03000 Moulins

Dates et horaires : Du 26 janvier au 17 juin 2018, du mardi au samedi, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, ainsi que le dimanche, de 14 heures à 18 heures.

Tarifs : Entrée tarif plein 5 € / tarif réduit 3 € / Gratuit pour les moins de 16 ans

Visuels : Magali Sautreuil