Vincent Barré, l’exposition au musée Matisse du Cateau-Cambrésis

2 mai 2016 Par Maïlys Celeux-Lanval | 0 commentaires

Le très beau musée Matisse du Cateau-Cambrésis accueille l’artiste contemporain Vincent Barré (né en 1948) du 1er mai au 18 septembre 2016 pour une remarquable exposition de sculptures et de dessins. Architecte, sculpteur, dessinateur et réalisateur, Vincent Barré ne perd jamais sa cohérence : il est architecte dans son goût pour les formes modulables, sculpteur dans sa compréhension des premiers gestes de l’art grec archaïque, dessinateur quand il observe le monde. Loin des artifices, presque brut, Vincent Barré inscrit son travail dans un intelligent dialogue avec la nature – et, par là-même, avec les racines de l’art.

Vincent BarréÀ l’origine de la colonne grecque, il y a le tronc d’arbre. / Un torse consiste en une surface plane et verticale, trois fois bombée – les deux muscles pectoraux et le ventre. / Un noyau est une forme ovoïdale. / Une branche. / Un dessin de fleur. Voilà ce que semble poser sur le sol du musée l’artiste Vincent Barré : des postulats, des formes pures, simples, essentielles ou brutes, comme vous voulez. Il appelle les fondamentaux à venir habiter le sens de ses œuvres : l’art grec archaïque est présent dans ses Colonnes et cohabite avec l’idée du tronc d’arbre, puisque les différents tronçons sont faits de béton et de bois (ou bien sont étalés sur le sol, creusés dans le métal, devenant ainsi plus contemporains, plus graphiques). Il décline donc les formes à partir d’une idée première, vieille comme le monde occidental ; la colonne, qui élève l’esprit vers le spirituel, soutient le temple et abrite le corps.

Vincent BarréC’est un élan de l’art premier, ancestral, sublimé selon une esthétique et une ambition contemporaines ; la balade dans l’œuvre de Vincent Barré est une ouverture sur l’histoire de l’art, ancien, nous l’avons dit, et actuel. On pense au sculpteur génial Richard Serra (né en 1939) pour leur usage commun du métal monumental. On se rappelle aussi, devant les branches d’arbres fidèlement sculptées en tompe-l’œil, de Giuseppe Penone (né en 1947), représentant italien de l’Arte Povera. Il s’agit moins d’influences que d’un air du temps, d’une façon commune à ses quelques artistes de travailler en lien avec la nature, fasciné par les lignes sinueuses des arbres, par la courbe gracieuse d’un fruit, d’un noyau, par la forme d’un corps, par la ligne d’un aileron de requin.

Vincent BarréVincent Barré, dont le nom préfigure étrangement la brutalité des lignes, est parfaitement exposé au musée Matisse du Cateau-Cambrésis : sans proposition de parcours, le visiteur se balade entre sculptures et dessins selon son envie, allant de l’un à l’autre dans une chorégraphie improvisée. C’est beau, beau comme le jardin du musée, beau comme ses riches collections permanentes… L’enchantement est total.

Informations pratiques :

Vincent Barré au musée Matisse du Cateau-Cambrésis
Du 1er mai au 18 septembre 2016


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