Tropicália à l’Inlassable Museum : l’été est aussi un commissaire d’exposition

2 juillet 2016 Par Christophe Dard | 0 commentaires

Jusqu’au 16 juillet 2016, l’Inlassable Museum propose Tropicália, une expédition dépaysante à destination de l’exotisme, du soleil insistant, des vents coquins dans lesquels chuchotent des oiseaux colorés et des trésors marins que les palmiers surveillent du coin de l’oeil… Une belle invitation au voyage à travers les oeuvres d’artistes confirmés et d’autres à découvrir.

 

Henri Rousseau (d’apre?s), Eclaireur attaque? par un tigre aquatinte, circa 1930

Henri Rousseau (d’après), Eclaireur attaqué par un tigre, aquatinte, circa 1930

 

Une cour d’immeuble puis, au bout, un petit escalier à emprunter. Au premier et au troisième étage, un atelier d’artiste et un appartement transformés en lieu d’exposition. Bienvenue à l’Inlassable Museum ! C’est là que se déroule jusqu’au 16 juillet 2016 l’exposition Tropicália, un chant coloré et traduit en plusieurs langues, un chant dédié à l’exotisme.

 

Anne Deleporte, Paul gesso sur papier, 100x79 cm, 2016

Anne Deleporte, Paul
gesso sur papier, 100 x 79 cm, 2016

 

De nombreux artistes sont présentés. Des talents, venus des quatre coins de la planète et régulièrement exposés en France et à l’international, côtoient des grands noms de la peinture, Andy Warhol, Paul Gauguin, Raoul Dufy, André Derain et Henri Rousseau.
Réalité pour certains, tels Gauguin ou le malgache Joël Andrianomearisoa, les Tropiques sont également un rêve pour d’autres, un songe mythique né souvent d’explorations approfondies dans des territoires littéraires et, surtout, d’une inspiration débordante et déployée sur de multiples supports.

 

Paul Gauguin, L'ibis bleu 1892 Tahiti, gouache, aquarelle et encre sur parchemin, 90x59.8 cm

Paul Gauguin, L’ibis bleu,
1892 Tahiti, gouache, aquarelle et encre sur parchemin, 90 x 59.8 cm

 

Mais selon le rapport avec les outremers, doux mais capables aussi de se mettre dans des colères noires comme les cyclones nous le rappellent fréquemment, la plupart des œuvres de Tropicália dégagent une profonde sensualité. Les Songlines de Celia Gondol s’apparentent aux mouvements langoureux des danses africaines et caribéennes. Les bobines de fils en bois et les fils de coton de la pièce de Joël Andrianomearisoa ressemblent à une longue chevelure féminine, végétation sauvage que de nombreux doigts aimeraient parcourir en demandant à leurs fantasmes le sens du chemin.

 

Celia Gondol, Songlines, placages de sapelli et de fre?ne, feuilles se?ches, Monstera, deliciosa, acier, ge?latine, Dimensions, variables, 2014

Celia Gondol, Songlines,
placages de sapelli et de frêne, feuilles sèches, Monstera, deliciosa, acier, gélatine, dimensions variables, 2014

 

En outre, Tropicália a une portée sociale et politique. Les sculptures de Florian Viel, en résine acrylique et à la peinture industrielle, se moquent des clichés réducteurs sur le monde exotique, un monde piégé par la société de consommation.
Quant à Marcella Barceló, ses figures découpées dans le bois évoquent les terres insulaires en proie à la séparation les unes des autres et menacées par la déforestation alors que les peuples tropicaux viennent du berceau de l’humanité, à l’image du dessin primitiviste de Frédérique Loutz.

 

Florien Viel, Care?nage 2014, re?sine acrylique, peinture, vinyl, 40 x 47 x 19,5 cm

Florian Viel, Carénage,
2014, résine acrylique, peinture, vinyl, 40 x 47 x 19,5 cm

 

Finalement, l’exposition Tropicália a quelque chose de ces vers de Baudelaire : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté ».

 

Christophe Dard

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Tropicália
Jusqu’au 16 juillet 2016
L’Inlassable Museum
127 rue de Turenne 75003 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 19h
linlassablemuseum.com
01 73 74 75 45


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