Sélection des grandes expositions 2018 à Paris

10 janvier 2018 Par
Victoire Chabert
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Découvrez notre sélection des grands rendez-vous culturels de l’année 2018 pour n’en rater aucun !

« Matière et Lumière » au Musée d’Art moderne de la ville de Paris, du 26 janvier au 20 mai 2018.

Jean FAUTRIER, Tête d’otage no. 20, 1944 Huile sur papier marouflé sur toile, 33 x 24 cm Collection privée, Cologne © Adagp, Paris, 2017

Jean FAUTRIER, Tête d’otage no. 20, 1944
Collection privée, Cologne
© Adagp, Paris, 2017

Jean Fautrier utilise une peinture à la colle qui mêle les masses de pigments aux encres transparentes ou opaques, créant ainsi des empâtements et des textures variés provoquant une certaine angoisse. Peu exposé, cet artiste au parcours solitaire est aujourd’hui considéré comme le plus important précurseur de l’art informel et une figure majeure du renouvellement de l’art moderne après le cubisme. Cette rétrospective comprendra environ 200 œuvres dont près de 160 tableaux, dessins et gravures, ainsi qu’un important ensemble de sculptures.

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« Les Hollandais à Paris, 1789-1914 », du 6 février au 13 mai 2018, au Petit Palais.

Boulevard de Clichy, © Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Boulevard de Clichy, © Van Gogh Museum, Amsterdam

De la tradition de la peinture de fleurs aux ruptures esthétiques de la modernité, l’exposition, organisée avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, met en lumière les riches échanges artistiques, esthétiques et amicaux entre les peintres hollandais et français, du règne de Napoléon à l’orée du XXe siècle. Le parcours chronologique nous raconte ces liens qui se sont noués, les influences, échanges et enrichissements mutuels à travers les figures de neuf peintres hollandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Leurs oeuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso… afin d’établir des correspondances et comparaisons.

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« Corot, Peindre la figure humaine », du 8 février au 8 juillet 2018, au Musée Marmottan-Monet.

Jean-Baptiste-Camille Corot, "Marietta ou L'Odalisque romaine" 1843, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris © Petit Palais / Roger-Viollet

Jean-Baptiste-Camille Corot, « Marietta ou L’Odalisque romaine » 1843, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris © Petit Palais / Roger-Viollet

Aujourd’hui universellement célèbre pour ses paysages, Camille Corot fut aussi un immense peintre de figures. Portraits d’intimes et nus étranges, paysannes romaines et moines absorbés dans la lecture, enfants et modèles d’ateliers, femmes à la mode et hommes en armures, Corot aborda tous les genres avec succès. Riche d’une soixantaine de chefs-d’œuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée d’Art et d’Histoire de Genève, Fondation Collection E.G. Bührle de Zurich, le Metropolitan Museum of Art de New York, la National Gallery of Art de Washington, la collection Thyssen-Bornemisza de Madrid,…), l’exposition organisée par le musée Marmottan Monet entend mettre en lumière cet aspect aussi original que brillant de la production de Camille Corot.

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« De Calder à Koons, Bijoux d’artistes », du 7 mars au 8 juillet 2018, au Musée des Arts Décoratifs.

© Musée des Arts Décoratifs – ADAGP

© Musée des Arts Décoratifs – ADAGP

Diane Venet, collectionneuse de bijoux d’artistes depuis plus de 30 ans, nous fait partager sa passion pour ces œuvres miniatures qui souvent accompagnent le langage plastique de l’artiste. Sa collection, riche de 230 pièces, associée à des prêts exceptionnels de galeries mais aussi de collectionneurs et de familles d’artistes, illustre, de façon chronologique et thématique, le travail de 150 artistes français et internationaux. Car de Alexander Calder à Jeff Koons, en passant par Max Ernst, Pablo Picasso, Niki de Saint Phalle, César, Takis, ou encore Louise Bourgeois, nombreux sont les artistes modernes et contemporains à s’être intéressés de près au bijou. L’ensemble de la scénographie a été confiée à l’architecte d’intérieur Antoine Plazanet et aux graphistes ÉricandMarie. Le Musée des Arts Décoratifs se réjouit de montrer ainsi ce qu’il est possible de dévoiler comme la plus belle des collections idéales.

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« Le Tintoret, naissance d’un génie », du 7 mars au 1er juillet 2018, au Musée du Luxembourg.

Tintoret, autoportrait © Philadelphia Museum of Art, Gift of Marion R. Ascoli and the Marion R. and Max Ascoli Fund in honor of Lessing Rosenwald, 1983, Philadelphie

Tintoret, autoportrait © Philadelphia Museum of Art, Gift of Marion R. Ascoli and the Marion R. and Max Ascoli Fund in honor of Lessing Rosenwald, 1983, Philadelphie

À l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du Tintoret, le Musée du Luxembourg célèbre l’un des plus fascinants peintres de la Renaissance vénitienne. L’exposition se concentre sur les quinze premières années de sa carrière, période décisive et déterminante pour comprendre comment il se construit. Elle propose ainsi de suivre les débuts d’un jeune homme ambitieux, pétri de tradition vénitienne mais ouvert aux multiples nouveautés venues du reste de l’Italie. Les œuvres rassemblées rendent compte de la diversité du travail de Tintoret et de sa volonté de frapper l’œil et l’esprit par son audace. L’exposition retrace en définitive l’ascension sociale d’un homme d’extraction modeste, fils de teinturier, qui, grâce à son talent, parvient à s’élever dans la société, à s’imposer et à se faire un nom sans rien oublier de ses propres origines.

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« Kupka, pionnier de l’abstraction », au Grand Palais, du 21 mars au 30 juillet 2018.

upka © Adagp, Paris, 2018 © Philadelphia Museum of Art

Kupka © Adagp, Paris, 2018 © Philadelphia Museum of Art

Grâce au parcours européen de Kupka, enraciné dans sa Bohème natale, formé dans la Vienne fin de siècle et dans le Paris des avant-gardes, l’exposition conduira à une nouvelle approche de deux courants majeurs des XIXe et XXe siècles, le symbolisme et l’abstraction, dont Kupka fut un des principaux acteurs. L’exposition au Grand Palais, mettra l’accent sur les moments-clés de sa période créatrice, les chefs-d’œuvre symbolistes et les premiers portraits expressionnistes parisiens, son passage à l’abstraction en 1912, le cycle des peintures organiques saturées de couleurs, l’abstraction géométrique finale tout en évoquant des épisodes moins connus comme la période dite « machiniste » à la fin des années vingt. L’exposition mettra également en valeur la personnalité riche et singulière de Kupka, habité par une quête existentielle et soulignera son intérêt pour la philosophie, les cultures anciennes et orientales, les religions, la poésie ou encore la science.


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« Eugène Delacroix », du 29 mars au 23 juillet 2018, au Musée du Louvre.

Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830 © Musée du Louvre / E. Lessing

Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830 © Musée du Louvre / E. Lessing

En partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York, le musée du Louvre présentera, au printemps 2018, une exposition retraçant l’ensemble de la carrière artistique d’Eugène Delacroix. Inédit à Paris depuis l’exposition du centenaire de sa mort en 1963, cet événement rassemblera plus de 180 oeuvres du maître, dont une forte majorité de peintures : des grands coups d’éclat qui firent la célébrité du jeune artiste aux Salons des années 1820, jusqu’aux dernières compositions religieuses ou paysagées, peu connues et mystérieuses.

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« Rodin et la danse », du 6 avril au 22 juillet 2018, au Musée Rodin.

Auguste Rodin, "Mouvement de danse A" © musée Rodin, photo C. Baraja

Auguste Rodin, « Mouvement de danse A »
© musée Rodin, photo C. Baraja

Après une année 2017 riche en événements, on fêtait en effet le centenaire de la disparition de l’auguste sculpteur, le Musée Rodin a dévoilé une partie de sa programmation pour 2018. Il invitera le public à découvrir la rencontre de Rodin avec le monde de la danse. L’exposition s’articulera autour de la célèbre série des Mouvements de danse jamais exposée du vivant du sculpteur et de près d’une centaine de dessins dont le fameux corpus des Danseuses Cambodgiennes. L’initiation de Rodin à l’art du mouvement sera évoquée à travers ses rencontres avec les danseuses de l’époque, telles que Isadora Duncan, Loïe Fuller et Hanako, la danseuse japonaise. Un corpus d’œuvres exceptionnelles réunira sculptures, photographies et dessins, plongeant le visiteur dans un univers de grâce et de poésie.

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Enfers et fantômes d’Asie, du 10 avril au 15 juillet 2018, au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac.

Hokusai, L’Esprit de la servante Okiku sortant d’un puits, XIXe siècle

Hokusai, L’Esprit de la servante Okiku sortant d’un puits, XIXe siècle

Plongée dans le monde des esprits, de l’épouvante et des créatures fantastiques : l’exposition s’empare des histoires de fantômes en Asie. À travers l’art religieux, le théâtre, le cinéma, la création contemporaine ou le manga, un parcours aux frontières du réel. Des peintures bouddhiques au J-Horror, des estampes d’Hokusai à Pac-Man, du culte des esprits en Thaïlande au manga d’horreur, la figure du fantôme hante l’imaginaire asiatique depuis des siècles. En Chine, en Thaïlande ou au Japon – terrains d’étude de l’exposition – l’engouement populaire pour l’épouvante est bien réel, imprégnant une grande diversité des productions culturelles. Pour mieux en saisir les codes, Enfers et fantômes d’Asie propose d’explorer leur omniprésence dans les arts du spectacle, le cinéma et la bande dessinée. Car si le bouddhisme a contribué à la construction de cet imaginaire – en supposant une attente des âmes entre deux réincarnations –, c’est bien en marge de la religion, dans l’art populaire et profane, que la représentation des spectres s’est surtout développée.

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« Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet », du 13 avril au 20 août 2018 au musée de l’Orangerie.

Claude Monet, "Nymphéas bleus", 1916-1919, Paris, musée d'Orsay © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Claude Monet, « Nymphéas bleus », 1916-1919, Paris, musée d’Orsay © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Quand, en 1955, un grand panneau des Nymphéas de Monet entre au Museum of Modern Art de New York, le peintre français est présenté comme une passerelle entre le naturalisme du début de l’impressionnisme et l’abstraction américaine. Les Nymphéas sont mis en perspective avec les tableaux de Jackson Pollock. Le musée de l’Orangerie s’arrête sur ce moment de rencontre entre le maître de Giverny et l’école abstraite new-yorkaise, à travers une sélection d’œuvres tardives du premier et une vingtaine de grandes toiles de Jackson Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Ellsworth Kelly.

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« Les Impressionnistes à Londres. Artistes en exil, 1870-1904 », du 21 juin 2018 au 14 octobre 2018, au Petit Palais.

Claude Monet (1840-1926) Londres, le Parlement. Trouée de soleil dans le brouillard 1904 Huile sur toile H. 81 ; L. 92 cm © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Claude Monet (1840-1926)
Londres, le Parlement. Trouée de soleil dans le brouillard
1904. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

La guerre franco-allemande de 1870, la chute du Second Empire, puis la Commune de Paris poussèrent de nombreux artistes installés en France à se réfugier au Royaume-Uni. Londres représente un refuge sûr pour les artistes, mais le choix de leur destination est aussi guidé par l’idée que le marché de l’art y est plus porteur. Leurs œuvres exposées et, dans bien des cas, acquises par des collectionneurs anglais apportèrent à l’art et aux institutions britanniques un souffle de modernité. Réciproquement, l’expérience de l’exil outre-Manche exerça une influence nouvelle sur l’art français. Co-organisée avec la Tate Britain de Londres, l’exposition réunit plus d’une centaine de chefs-d’œuvre nés au bord de la Tamise, dans l’atmosphère brumeuse et industrielle du Londres Victorien.

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Monet- Parlement de Londres au soleil couchant

« Picasso, bleu et rose », au Musée d’Orsay du 18 septembre 2018 au 6 janvier 2019.

Pablo Picasso, Autoportrait, 1901

Pablo Picasso, Autoportrait, 1901

Les périodes bleue et rose de Picasso, qui ont vu éclore tant de chefs-d’œuvre, sont particulièrement déterminantes dans la carrière de l’artiste. Cette manifestation envisagera de manière inédite ce moment de la création de Picasso dans toute sa richesse et certaines icônes de l’artiste seront à cette occasion présentées en France pour la première fois. L’exposition au Musée d’Orsay proposera une lecture renouvelée des années 1900-1906, en inscrivant le jeune Picasso dans son époque. « Picasso. Bleu et rose » réunira un ensemble important de peintures, dessins, sculptures et gravures de l’artiste espagnol, ponctuellement mis en regard avec des œuvres d’artistes du XIXe siècle.

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« Caravage à Rome, amis et ennemis », au Musée Jacquemart-André du 21 septembre 2018 au 29 janvier 2019.

Le Caravage, Le souper chez Emmaüs, 1606

Le Caravage, Le souper chez Emmaüs, 1606

À l’automne 2018, Culturespaces et le Musée Jacquemart-André organisent une exposition consacrée à Caravage (1571 – 1610), figure emblématique de la peinture italienne du XVIIe siècle. Pour cet événement unique, près de 10 chefs-d’œuvre de l’artiste seront réunis à titre exceptionnel en France. Provenant des plus grands musées italiens, comme le Palazzo Barberini, la Galleria Borghese et les Musei Capitolini à Rome, la Pinacoteca di Brera de Milan, les Musei di Strada Nuova à Gênes ou le Museo Civico Ala Ponzone de Crémone, ces toiles extraordinaires permettront de retracer la carrière romaine de Caravage (1592 – 1606) jusqu’à l’exil. Elles dialogueront avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Ribera, afin de dévoiler toute l’étendue du génie novateur de Caravage et de rendre compte de l’effervescence artistique qui régnait alors dans la Cité éternelle.

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« Joan Mirò » au Grand Palais, du 3 octobre 2018 au 4 février 2019.

Joan Mirò dans son atelier © RMN – Grand Palais

Joan Mirò dans son atelier © RMN – Grand Palais

Près de 250 pièces majeures seront réunies afin de donner à cet œuvre unique et atypique toute la place qui lui revient dans la modernité. En effet, la création artistique de Miró s’étend sur sept décennies et marque considérablement le XXè siècle. Peintures, dessins, céramiques et sculptures se côtoient afin de mettre en lumière cet itinéraire marqué de renouvellements incessants. L’évolution technique et stylistique de l’artiste – expressionniste, détailliste, surréaliste, sauvage, jusqu’à l’œuvre ultime -, suit le parcours chronologique de sa vie. Qu’il s’agisse d’un signe, d’une couleur, d’un objet insignifiant assemblé à un objet insolite, Miró fait surgir de ces rapprochements étonnants et ordinaires un univers plein de métamorphoses, ouvrant les portes de son univers poétique. Cette rétrospective permet de découvrir ou de redécouvrir la vaste création de Joan Miró, qui, à travers la poésie, était un peintre engagé dans tous les questionnements importants du Xe siècle.

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