« Rock the Kasbah », Musique et tradition à l’Institut des cultures de l’Islam

8 mars 2017 Par
Yaël
| 0 commentaires

Pour sa saison de Printemps, c’est sous le titre de la fameuse chanson des clashs, composée en 982 en réponse à l’interdiction du rock’n roll que l’Institut des Cultures de l’Islam interroge les relations entre cultures musulmanes et musique. A travers une exposition d’art contemporain global et de nombreux événements, c’est au cœur du quartier qui a accueilli le raï à Paris que les deux bâtiments de l’ICI font la part belle aux musiques des musulmans.



kuwidnanto

Il n’existe aucune réponse théologique unique à cette question », explique Bariza Khiari, la Présidente de l’ICI, qui cite les travaux sur la musique de grand penseurs musulmans comme Al Kindi, Al Farabi ou bien sûr le fondateur des derviches tourneurs Rûmi. Battant en brèche les clichés qui voudraient que l’Islam condamne la musique, l’exposition Rock the Kasbah est visible sur les deux sites de l’ICI et met en scène des plasticiens venus aussi bien du Maghreb que de la péninsule ou d’Asie du Sud-Est et qui parlent tous du rôle de la musique dans leurs sociétés. Du côté de la Goutte d’or, les vidéos de l’artiste australienne Angelica Mesiti mettent en avant des corps qui dansent et chantent, tandis que les photos de Saka Sopo Traoré interrogent le mouvement de corps en mouvements dans l’architecture de Dakar.

traore

Au sous-sol dans le hammam aménagé en salle d’écoute et d’exposition, le travail du vidéaste irakien vivant en partie à Helsinki Adel Abidi, interroge à la fois pop culture et politique. Une vidéo met en scène un groupe de musique traditionnelle irakienne qui… joue sur des pains. Une autre est une interview de Michael Jackson (en 2015 !) qui parle du poids de la créativité et de la célébrité. Du côté de la rue Léon, on retrouve le travail pop et vidéo de Abidi avec des vidéos saisissants de femmes chantantes ou lascives, qui, sous des dehors de séductrices classiques, chantent les louanges de Sadam Hussein.

irak

C’est du côté de la rue Léon qu’on trouve aussi la grande installation Contingent #5 de l’artiste indonésien Jompet Kuswidananto reprend le clip des clashs en mode urbain et monumental. Enfin, le travail photographique de Philip Rebel lie les années 1980 aux premiers groupes de rock des années 1950 qui mêlaient blancs et noirs. Multiples, large par son scope géographique, l’exposition Rock the Kasbah donne à découvrir des plasticiens important tout en gardant son cap : interroger les cultures musulmanes de la musique.

Elle est au cœur d’une saison d’événements à l’ICI avec notamment un Karaoké franco-arabe le 24 mars, Un spectacle de danse « We love arabs »par Adi Boutrous et Hillel Kogan le 13 mai, un concert de cheveu avec group Doueh le 5 juillet, un week-end Hip hop the Kasbah tout début juillet, une soirée berbère le 13 juillet et un cycles de films au Louxor où l’on retrouvera notamment Les chats persans et des films égyptiens cultes et musicaux des années 1950.
Visuels : YH.


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *