Pissarro nous impressionne au musée Marmottant Monet

1 mai 2017 Par
Victoire Chabert
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Le musée Marmottan Monet présente du 23 février au 2 juillet 2017 la première exposition monographique de Camille Pissarro organisée à Paris depuis près de quarante ans.

Cette exposition retrace l’ensemble de la carrière du peintre, de sa jeunesse dans les Antilles danoises aux grandes séries urbaines et portuaires de la fin de sa vie. Précurseur du mouvement impressionniste, Camille Pissarro est un intellectuel polyglotte, engagé et militant, qui a exercé une influence considérable sur l’évolution de l’art en France. Soixante de ses plus beaux chefs-d’œuvre, ont été sélectionnés pour cette exposition, qui redonne une place majeure à ces toiles, puisque beaucoup n’ont pas été vues en France depuis près d’un demi-siècle.

À l’entrée de l’exposition, nous sommes accueilli par l’autoportrait de Camille Pissarro. La retrospective est organisée en sept sections, qui retracent la carrière de l’artiste, qui mettent en lumière sa personnalité rayonnante et l’originalité de son œuvre. Le musée Marmottan Monet nous propose un parcours riche, à l’image de celui du «premier des impressionnistes».

Dès sa jeunesse, Pissarro est initié à la peinture dans les îles, loin de Paris et de l’académie des beaux-arts. Deux Femmes causant au bord de la mer, 1856, frappe d’ailleurs par son exotisme et illustre ses débuts exceptionnels. deux-femmes

En 1855, Pissarro quitte les Antilles danoises et s’installe à Paris pour parfaire sa formation et se confronter aux expositions parisiennes. Il va se lier avec ceux qui seront ses plus proches amis, Claude Monet et Paul Cézanne. Les œuvres de cette période témoignent d’une grande maîtrise technique. Il peint sur le motif, en région parisienne, à Montmorency, à La Roche-Guyon, sur les bords de la Marne, préparant ainsi des œuvres pour les Salons.

Peu à peu, Pissarro se passionne pour le plein air et le paysage. Il est le premier à supprimer le noir et les ocres de sa palette, pour évoluer vers une peinture claire, typique de l’impressionnisme. L’année 1866 est un tournant dans l’œuvre de Pissarro. Puisqu’il va trouver, lors de séjours à Pontoise, des motifs qu’aucun autre peintre ne s’est approprié auparavant. En 1868, il expose deux grands formats dont Le Jardin de Maubuisson, présenté dans cette exposition. jardin Cette toile qu’Emile Zola salue dans un article terminé par ses mots : «Jamais tableaux ne m’ont semblé d’une ampleur plus magistrale. J’ai rarement rencontré une science plus profonde.»

Pissarro apprécie la diversité des paysages où se mêlent intimement vie rurale et vie bourgeoise, les berges de l’Oise et ses coteaux, ainsi que les signes de l’industrialisation naissante. Avec Claude Monet et Gustave Caillebotte, il imagine la création d’un groupe d’artistes indépendants qui prend forme en 1874 avec l’organisation de la première exposition impressionniste. Il sera l’un des membres les plus engagés du groupe.

À partir de 1883, influencé par Edgar Degas, Pissarro explore le thème de la figure. Il y accorde une place de plus en plus importante, elles deviennent un motif en soi. À cette période, Pissarro peint certaines de ses toiles les plus célèbres telles Jeune Fille à la baguette dit aussi La Bergère, 1881 et Jeune Paysanne au chapeau de paille, 1881. 

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En 1886, le style de Pissarro évolue encore. L’artiste se détourne de l’impressionnisme et partage les recherches de Georges Seurat et des néo-impressionnistes. L’exposition présente les plus importants chefs-d’œuvre de cette période dont La Cueillette des pommes, 1886 et La Maison de la sourde et le clocher d’Éragny, 1886. L’artiste rencontre pourtant des difficultés avec cette technique lente et contraignante, étrangère à toute spontanéité et, de surcroît, incomprise par ses amateurs. Pissarro s’écarte alors progressivement, à partir de 1890, de cette rigueur.

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Pour finir, les deux dernières sections de cette exposition, sont dédiées aux grandes séries portuaires et urbaines auxquelles l’artiste consacre une part importante de son œuvre ultime. On y admire un rarissime ensemble de vues de Rouen, du Havre, de Dieppe et de Paris, qui nous invite à découvrir un aspect trop méconnu de l’œuvre de Pissarro.

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Peintre de paysages et de figures, de la campagne et de la ville, « premier des impressionnistes » et promoteur du pointillisme, Camille Pissarro n’a cessé de se renouveler. Cette magnifique exposition du musée Marmottan Monet met en lumière l’extraordinaire diversité d’un art digne et poétique aux dimensions humanistes et révolutionnaires.

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Visuels: Droits réservés © musée Marmottan Monet, © B.Legros, © Durand-Ruel & Cie, © Ohara Museum of Art, Kurashiki, © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski, @ National Gallery in Prague 2017, © Courtesy National Gallery of Art, Washington.


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