Ouverture de la nouvelle Tate Modern : on y était, on vous raconte

17 juin 2016 Par Maïlys Celeux-Lanval | 1 commentaire

Art changes, we change. C’est avec ces quatre mots lapidaires que la Tate Modern annonce son évolution, en grandes lettres blanches sur sa façade, lançant ainsi un regard de défi à la ville de Londres. Car seize ans après sa création, le musée d’art moderne le plus visité du monde inaugure un tout nouvel espace d’exposition, augmentant sa capacité de 60% : l’extension de la Tate Modern s’appelle Switch House, elle ouvre ce vendredi 17 juin et c’est une réussite absolue.

Tate Modern

A star is born

C’est comme une excroissance qui aurait grossi sur l’arrière du musée, une formation de briques modelée d’arêtes pointées vers le ciel et de longues fenêtres horizontales striant le bâtiment. Conçue par le cabinet Herzog & de Meuron, déjà à l’origine du bâtiment principal (une ancienne centrale électrique entièrement reconvertie), la Switch House s’élève sur dix étages dont quatre sont consacrés aux collections permanentes. S’étendant au-delà du gigantesque hall régulièrement investi par des artistes contemporains, la Switch House commence par un rez-de-chaussée impressionnant car entièrement en béton, façon Palais de Tokyo. Les premiers artistes que l’on croise sont Apichatpong Weerasethakul et Dominique Gonzalez-Foerster, qui s’installent dans d’immenses salles, le premier avec plusieurs vidéos monumentales, la deuxième avec un dispositif interactif lumineux qui invite le spectateur à pénétrer dans le noir pour réveiller la lumière.

Tate Modern

La structure d’un géant

Et c’est ainsi que l’on découvre la Switch House, en entrant à pas feutrés dans un monde inconnu, presque sombre, rapidement éclairé par la pertinence et l’ambition des artistes présentés. Un sublime escalier, aux lignes aussi douces que le béton est brut, mène le visiteur vers les étages supérieurs, où se déploient les collections permanentes divisées en thèmes (« Entre objet et architecture », « Performeur et participant », « L’artiste et la société »). Ces expositions à thème sont partagées entre la Switch House, si nouvelle qu’une odeur de neuf habite chacune des salles, et la Boiler House, entièrement repensée et à laquelle on accède par une vertigineuse passerelle au-dessus du grand hall.

Tate Modern

On ne naît pas musée : on le devient

À la visite de ce nouvel accrochage entièrement repensé, une chose saute aux yeux : les artistes femmes sont très présentes – elles représentent 50% des artistes présentés. Louise Bourgeois a pour elle toute seule deux grandes salles monographiques semi-permanentes, une exposition Mona Hatoum est en cours et Georgia O’Keeffe s’apprête à passer l’été à la Tate. Les plus grandes sont également présentes, Yayoi Kusama, Marina Abramovic, Cindy Sherman, aux côtés d’artistes moins connues du grand public mais extrêmement précieuses, comme la performeuse allemande Rebecca Horn, la très politique Colombienne Beatriz González ou la Bengali Sheela Gowda (photo ci-dessus). C’est sans aucun doute ce qui marque la plus grande et la plus importante des nouveautés du musée et qui en fait l’institution contemporaine la plus intéressante du moment, offrant au passage une belle claque au Centre Pompidou, très en retard en matière de féminisme. La Tate Modern n’a jamais si bien porté son nom, et porte avec grandeur la création du XXIème siècle : on est conquis !

Informations pratiques : 
Ouverture de la nouvelle Tate Modern le 17 juin 2016
Pour aller à Londres, privilégiez le train : en présentant un billet Eurostar à la billetterie du musée, le programme 2 pour 1 vous permet de recevoir deux entrées pour un seul billet acheté.


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