Nú Barreto, un artiste africain au delà des clivages à 1:54 New York

4 mai 2017 Par
Melissa Chemam
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Après un printemps très africain à Paris, New York accueille la Foire d’art contemporain « 1:54 », faisant référence aux 54 pays du continent africain. Première foire internationale dédiée à cet art, elle a été créée en il y a quatre ans par la Marocaine Touria El Glaoui, à Londres, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Présentation et focus sur l’artiste bissau-guinéen, Nú Barreto.

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La Foire a ouvert les portes de sa première édition à Londres, en octobre 2013, à l’iconique Somerset House, au cœur de la capitale britannique, entre Trafalgar Square et la Tamise. Un centre d’art incontournable qui accueille également la sublime Courtauld Gallery, London Photo, la Fashion Week et de très belles expositions dont le Recording In Progress de la chanteuse PJ Harvey, en 2015.

Et depuis 2016, 1 :54 organise également une Foire d’art contemporain africain à New York City, à l’emblématique Pioneer Works/Center for Art + Innovation à Brooklyn, présentant une sélection exigeante d’artistes africains et de galeries du monde entier. Cette année, du 5 au 7 mai, aux mêmes dates que la Frieze Art Fair New York, 1 :54 expose des œuvres venant de Dakar, Accra, Lagos, Nairobi ou encore d’Afrique du Nord.

Parmi les soixante artistes invités : le peintre congolais Chéri Samba ; le Marocain Mohamed Melehi ; le sculpteur, designer et peinte ivoirien Ernest Dükü ; le peintre soudanais à la carrière remarquable, Ibrahim El-Salahi ; le dessinateur et génie de l’animation sud-africain William Kentridge ; l’artiste multimédia nigériane Marcia Kure, connue pour ses œuvres étrillant les questions postcoloniales ; le sculpteur béninois Romuald Hazoumè ; le photographe sénégalais Antoine Tempé et de nombreux autres…

Parmi ces derniers, le bissau-guinéen Nú Barreto, qui vit entre Paris, Lisbonne et Bissau. Artiste multidisciplinaire, Nú navigue entre la peinture, le dessin, le collage, la vidéo et la photographie. Né en 1966, formé à la photographie, photographe de mode, photoreporter parcourant le continent mais rapidement passé à l’art, ses œuvres mettent en scène des représentations de l’oppression sociopolitique récurrente sur le continent africain. Plusieurs de ses tableaux et dessins ont été exposées à Ville de Martigny en Suisse, dans le cadre du projet Dakar – Martigny: Hommage à la Biennale d’art contemporain (en 2016) ; à la Fundação Arpad Szenes – Vieira da Silva, au Portugal (en 2012) ; au Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar (en 2010); au Museu Nacional de Belas Artes, à Rio de Janeiro (en 2006) ou encore à Dak’Art – la Biennale de l’Art Africain Contemporain, dans la capitale sénégalaise (en 2006). Une rétrospective de son travail dessiné est également en cours d’élaboration à Bissau.

A New York, il expose une nouvelle version de son immense toile intitulée Disunited States of Africa, créée originellement en 2010 en France, dans son atelier près de Paris, à Torcy. La toile de 4 mètres sur 6 représente un drapeau aux bannières jaunes et rouges affublé d’un rectangle vert et de 53 étoiles noires. Dans cette nouvelle version, il en a ajouté une 54e cette année, pour figurer le dernier né des Etat africain, le Soudan du Sud, créé en 2011, après sa séparation d’avec le Soudan.

« Ces étoiles dispersées représentent pour moi l’état désunis des pays du continent mais elles sont aussi toutes d’une même taille, parce que tous les pays comptent dans l’avenir du continent », m’expliquait Nú à Paris quelques jours avant son départ pour New York.

Trilingue et globetrotteur, Nú est bien placé pour observer les plateformes qui exposent aujourd’hui l’art africain, et pour dépasser les clivages entre les capitales de cet art : Lagos et Nairobi d’un côté ; Dakar, Abidjan et le Bénin, de l’autre, Bénin où l’ouverture de la Fondation Zinsou a changé la donne ces dernières années ; mais aussi Londres et New York.

1 :54 New York accueille également, entre autres événements, une série de débats au sein du programme FORUM, à partir de vendredi 5 mai, sur l’histoire de l’art africain depuis le début du vingtième siècle, les enjeux et défis de la production artistique sur le continent, les questions de résistance sociale et politique, ainsi que les développements récents de nouveaux réseaux et carrefours pour les artistes contemporains du continent. Parmi les invités : Derrick Adams, Sadie Barnette, Adrienne Edwards, Charles Gaines, Malik Gaines, Eungie Joo, Koyo Kouoh, Marcia Kure, Thomas Lax, Smooth Ugochukwu C, Mendi et Keith Obadike, Odili Donald Odita, Adam Pendleton, Sondra Perry, Rael Salley, Alexandro Segade, Tschabalala Self, Nicola Vassell.

Du 5 au 8 octobre prochain, l’édition européenne de 1 :54 sera de nouveau à la Somerset House, à Londres. Et du 24 au 25 février 2018, un premier rendez-vous marocain sera inauguré à La Mamounia de Marrakech.


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