[Montpellier] Le Musée Fabre invite merveilleusement à rédécouvrir l’oeuvre impressionniste de Frédéric Bazille

22 juillet 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Jeune peintre issu d’une famille de viticulteurs, Frédéric Bazille a côtoyé les plus grand et participé à la Naissance de l’impressionnisme. Volontaire à la guerre de 1870, il est mort avant l’âge de 30 ans au front. Le grand public – sinon l’Histoire de l’Art- l’avaient un peu oublié, mais sa ville natale e Montpellier lui dédie une exposition au Musée Fabre, qui s’est allié à Orsay et à la National Gallery de Washington pour « Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme« . Un grand moment de redécouverte artistique et de justice historique. A voir absolument, à Montpellier cet été puis Orsay à l’automne.

Note de la rédaction :

Montpellier rend doc hommage à un enfant de pays, « monté » à Paris pour faire médecine, mais qui réalise vite qu’il veut être peintre en suivant des cours à l’atelier Gleyre. Là, il rencontre Renoir, Sisley et Monet, qui partageront certains de ses ateliers, notamment aux Batignolles, rue Visconti et aussi Place de Furstenberg, pas loin d’une des figures qui les a tous marqués: Delacroix. « Acteur » du fameux Déjeuner sur l’herbe de Manet (1865), il n’est certainement pas un figurant puisqu’il peint son ami peintre alité et blessé à la jambe au moment même où le chef d’œuvre a été effectué (L’ambulance improvisée, magnifique et effectivement « à la Manet »). Capable de rivaliser avec ses amis célèbres en maîtrises (notamment dans la saisissante Nature Morte au Héron face à Sisley, 1867), Bazille est pointé à l’entrée de l’exposition par le grand historien d l’Art Henri Focillon comme un précurseur. Et il est vrai qu’au delà des bleus profonds de ses éblouissants paysages d’Aigues-Mortes, sa géniale « manie » d’immortaliser sa famille au pays, au domaine de Méric et son goût pour aussi bien les scènes de baignades nues (Les pêcheurs à l’épervier) que les scènes mythologiques (Boaz endormi) sont parfaitement innovants. Sa mort au front en 1870, engagé volontaire contre les allemands parmi les « zouaves priva l’art européen d’une de ses figures les plus prometteuses.

Alors que Bazille, premier violon des salons des refusés années 1860, n’a pas été représenté lors de la première exposition impressionniste de 1874 où ses amis semblent déjà l’avoir oublié, l’exposition que propose le Musée Fabre, riche de toiles de Bazille mais aussi de Manet, Monet, Renoir, Sisley… venues du monde entier redonne toute sa place au peintre de Montpellier. Avec finesse et attention, elle mêle l’ordre thématique au souci de la chronologie pour ne laisser aucun aspect de l’œuvre de Bazille de côté – ni l’œuvre graphique, ni l’œuvre historique- et permet même, avec une suite de l’exposition à l’hôtel de Sabatier, de rendre compte, manière « arts décoratifs » de la manière dont le jeune homme se vêtait et vivait et ce – jusqu’à Beaune-La-Rolande où il a trouvé la mort.

Une exposition qu’on retrouvera dès le 15 novembre au Musée d’Orsay, en espérant qu’elle ne perde pas trop de cette folle émotion qu’elle dégage, présentée à Montpellier. visuel : Fédéric Bazille (1841-1870), Réunion de famille dit aussi Portraits de famille, 1867, Huile sur toile, H. 152 ; L. 230 cm, Paris, musée d’Orsay © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski


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