[Montpellier] Barthélémy Toguo fait fleurir les tombes au dessus de nos déluges au Carré Sainte-Anne

21 juillet 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Jusqu’au 6 novembre 2016, l’artiste camerounais a carte blanche dans le nef du Carré Sainte-Anne. Frappante et brûlante d’actualité, sa vision du déluge mêle toiles terribles et tombes, mais suggère que sur nos déluges, des pots de fleurs peuvent pousser. Une boîte de Pandore fascinante à ouvrir d’urgence pour trouver l’espoir si vous êtes à Montpellier cet été.
Note de la rédaction :

Quand on entre dans l’Eglise qu’a été le Carré Sainte-Anne, on est d’abord marqué par les toiles de Toguo. Toutes datent des deux dernières années, la plupart dont 2X2 mètres, d’autres sont encore plus grandes, mais surtout, toutes sont en couleurs, ce qui contraste avec l’affiche bleu délavé et « déluge » de l’expo. Enfants soldats, ombres voilés et migrants entrain de couler sont les ombres inévitables de ce cycle terrible qu’est le déluge. Au centre de ce dispositif où l’homme semble plus fantomatique que la nature et les animaux, le plasticien camerounais a installé 54 cercueils en bois blanc, petits, terriblement neutres : cette sculpture date de 2011 et fait penser à la fois aux rois gisant dans les cathédrales européennes et aux minutieux cimetières aux croix blanches qui contiennent les corps des poilus morts au front pendant la Première Guerre. La pâleur de ce dispositif contraste avec la vivacité du désastre reflété par les toiles et le mélange des deux est un effondrement.

Ce n’est que quand on lève les yeux vers la voûte du Carré qu’on voit l’espoir : des pots de fleurs en couleurs, nombreux, accrochés aux piliers de l’église : même si les plantes sont artificielles, c’est à la fois un miracle et un appel à faire résonner une sainte colère. Finement et de manière éclatante, les naufrages de Barthélémy Toguo nous appellent à agir, ici et maintenant, pour ne pas laisser s’effacer des vies humaines et leur souvenirs d’aquarelle. Très puissant.

visuels : YH et affiche


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