Miquel Barceló: l’ode à la terre

4 avril 2016 Par Araso | 0 commentaires

Premier artiste contemporain exposé au musée Picasso depuis sa réouverture en octobre 2014, Miquel Barceló travaille aussi bien la peinture que la sculpture ou la céramique. Ses ocres mélangées à des iconographies brutes brossées de noir en font un artiste de choix pour dialoguer avec les sculptures du maître cubiste qui font l’objet d’une autre exposition « Picasso.Sculptures ». 

Note de la rédaction :

« Sol y sombra« : le soleil et l’ombre façonnent le travail de Miquel Barceló, depuis son île natale de Majorque aux Baléares. Des couleurs qui respirent la terre, le chaud et les tréfonds du sol.

La terre calcinée

C’est au Mali, en 1994 que Miquel Barceló découvre la céramique. Il relie l’argile à la campagne, qui cuit lentement dans le feu, au naturel, produisant beaucoup de fumée. Dans une salle comme un laboratoire archéologique, des tables en bois massif supportent des créations abrasives, noires et qui attirent l’oeil. Ce sont des vases au noir de fumée, que l’on croirait taillés dans du charbon ou de la lave séchée. Aridité de la matière et du sujet travaillé dans son jus le plus brut: les hydries, vases à deux anses, sont dans cette technique complètement hors temps. Ce thème de la terre noire se retrouve dans les peintures de l’artiste, qui mettent en exergue le travail sur le feu, l’eau et la matière.

La terre sculptée

L’oeuvre sculpté de Miquel Barceló est faite de fragments inachevés, d’essais, d’une certaine violence autour du thème de prédilection que constitue la tauromachie. Des pics sanguinolants embrochent un alignement de vases de façon si impudique. Dépourvue de faciès, cette bestialité sourde et anonyme dialogue avec les Visages de Picasso, dont l’expression hébétée et innocente tient dans un rectangle. Cette imagerie est en réalité une préparation pour le grand mur de têtes dans la salle qui suit. Mis en scènes comme des crânes empilé dans des catacombes, des enchevêtrement de briques figurent les multiples visages de l’artiste, double hommage à Picasso et à la terre, encore.

La terre piétinée

Les tauromachies de Barceló sont comme des tourbillons noirs qui happent celui qui les regarde, vertiges de l’espace. Irrésistiblement attiré vers le centre de cette spirale qui finit là où l’affrontement entre l’homme et la bête, l’oeil goûte toute la palette des ocres avant de plonger dans l’arène. Ce mélange d’amour et de souffrance est un miroir du travail de l’artiste autour du geste. C’est dans ces toiles que s’illustre le mieux le thème de l’exposition « ombre et soleil ». Picasso et Barceló, une même fascination pour la corrida, deux points de vue. L’un porté sur le dialogue vie-mort, l’autre porté sur l’espace.

L’exposition se continue en parallèle sur le site de la BnF François Mitterrand.

Visuels © Araso


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