Lore Krüger : Photographe, juive et témoin de son temps, au MAHJ

9 juin 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Jusqu’au 17 juillet 2016, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme dédie une exposition à la photographe d’origine allemande Lore Krüger. Alors que c’est une photo de la photographe par Florence Henri qui sert d’affiche à l’exposition, celle-ci permet non seulement de découvrir une artiste peu connue, mais également de se replonger avec son œil et ses citations dans l’esprit d’une époque dangereuse.

Note de la rédaction :

Lore Kruger a à peine 14 ans quand Hitler arrive au pouvoir et connaît le sort des juifs allemands qui ont du (et pu) partir. Tandis qu’elle émigre avec ses parents à Barcelone et Palma de Majorque en 1934, elle y fait ses premières armes de photographe. Alors que ses parents n’arrivent pas à quitter Majorque, Lore Krüger passe la deuxième moitié des années 1930 dans un Paris bourdonnant où elle dresse pas mal de portraits (notamment celui de Giacometti.

Après une série touchante sur le pèlerinage des gitans à Sainte-Marie de la Mer, qui n’est pas sans rappeler un des thèmes de prédilection du grand Lucien Clergue, Lore Krüger parvient in extremis à quitter l’Europe avec son mari pour gagner New-York en 1941. Son objectif se laisse happer par la ville mais bien qu’elle ait vécu jusqu’à 93 ans en 2009, une maladie l’affaiblit dès le lendemain de la guerre et lui fait renoncer à son art. Ecrire est une manière pour l’artiste de contrer cet impact de l’histoire sur l’envie de créer et c’est émaillées de citations extraites de son autobiographie, Quer durch die Welt. Das Lebensbild einer verfolgten Jüdin. (Errance dans le monde. Le portrait de vie d’une juive poursuivie, 2012) que ses photos sont exposées au MAHJ. Le portrait est autant celui d’une photographe que d’une juive-allemande survivante.

Visuel : Affiche / Florence Henri, »Portrait de Lore Krüger », Paris, 1937 © Galleria Martini & Ronchetti


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