La carte blanche, végétale et monumentale de Jayashree Chakravarty au Musée Guimet

17 octobre 2017 Par
Victoire Chabert
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Pour cette cinquième carte blanche contemporaine dans sa Rotonde du 4e étage, le Musée national des arts asiatiques Guimet, a confié à l’artiste indienne Jayashree Chakravarty une installation végétale, vivante et organique.

Jayashree Chakravarty vit depuis plus de trente ans en Inde orientale, dans un faubourg de Calcutta actuellement en pleine urbanisation. Avec son installation, « La Terre pour refuge : sous la canopée d’amour », l’artiste nous propose une vision personnelle des transformations de son environnement. Pour cette artiste, la nature est à la fois sujet et substance de ses créations, contenu et contexte de ses réflexions, sur les implications de deux notions : habiter la Terre et la préserver.jayashree_chakravarty_3

Pour cette carte blanche, Jayashree Chakravarty a disposé 17 grands rouleaux de papier, comme un rideau continu, transformant l’espace circulaire de la rotonde du musée Guimet, afin de créer une immersion dans un environnement naturel. Comme pour faire vivre les œuvres, la lumière des larges fenêtres de la rotonde les traverse et joue sur la matière végétale utilisée : aplats de plusieurs couches de papier népalais, coton très fin, feuilles, branches, mauvaise herbes, argile, glaise, tiges ou bandes d’aluminium…

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L’artiste a créée une ambiance de terre et de nature à l’intérieur de la rotonde du musée Guimet, avec un insecte géant reposant au milieu de cet espace baigné de nature et de lumière. L’imposante structure centrale et suspendue, inspirée d’un cocon, invite à explorer un univers obscur au premier abord, mais révélant à qui sait observer les secrets qu’il dissimule. Coton, feuilles, gousses et graines séchées, jute, bande audio, colle synthétique, paillettes, perles de verre et peinture acrylique dessinent le vivant à l’intérieur de ce nid géant.

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La nature constitue le cœur de la pratique artistique de Jayashree Chakravarty, et elle est toujours perçue au travers d’une sensibilité urbaine. Plantes, branches, brindilles, lianes, traces imprimées dans la terre s’entremêlent en une trame raffinée qui montre la ville tout en la niant. Son répertoire visuel combine ainsi espace naturel et espace urbain, le second camouflé dans le premier. À travers ces évocations poétiques, l’artiste questionne la vulnérabilité de la terre et met l’accent sur le besoin urgent d’un mode de vie écologique et durablement conçu.

Crédit visuel : © Jayashree Chakravarty / Courtesy Akar Prakar Art / Photographie de Pierre Primetens