Flamboyant Karel Appel au MAM

28 février 2017 Par
Yaël Hirsch
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A l’occasion d’une donation de vingt-et-une peintures et sculptures au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris par la Karel Appel Foundation d’Amsterdam, Paris accorde au flamboyant et inclassable Karel Appel une grande rétrospective. L’occasion de se plonger dans un tourbillon de matières et de couleur, formant une oeuvre ancrée dans son temps et néanmoins inclassable.

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Né dans un quartier modeste d’Amsterdam, Karel Appel est avant-tout un autodidacte et un peintre originel. Venu à Paris dans les années 1950, il se démarque tout de suite de l’influence du surréalisme et fonde avec Asger Jorn, Guillaume Cornelis van Beverloo, Constant Nieuwenhuys, Anton Rooskens, Theo Wolvecamp et Jan Nieuwenhuys, le mouvement CoBra qui met en avant le geste du peintre et la couleur. L’exposition commence sur un ensemble sculpté magistral avant de montrer les toiles de cette période et celles que le commissaire de l’exposition,Choghakate Kazarian, réunit sous le label de « Véhémence expressive (1952–1957) ».

4-appelOn fait ensuite une pause pour regarder un film de six minutes réalisé par Jan Vrijman (1961) où l’on voit Appel en train de créer. Le geste du peintre, il le conserve même quand il passe à la « véhémence tempérée » et le retour à un certain classicisme. De nouvelles rencontres, notamment celle de Jean Dubuffet et de l’art brut, puis celle des critiques Michel Ragon et Michel Tapié qui le familiarisent avec l’expressionnisme abstrait américain, vont l’éloigner du mouvement CoBra. L’oeuvre se poursuit, avec des expérimentation plastiques dans l’espace à la fin des années 1960, un regain de flamboyance de peinture dans les années 1980 et un minimalisme pictural nouveau et sensuel dans l’oeuvre ultime des années 1990. On sort de l’exposition la tête pleine de couleurs et de formes, comme mis en mouvement par l’art si individuel d’un très grand peintre du 20e siècle qui a su trouver sa voie dans le fil continue d’une expression directe, franche, et qui est toujours passée par la couleur et le geste créateur d’un artiste fondamentalement peintre. Une toute grande exposition, à ne pas rater et don à voir au MAM avant le 20 août 2017.

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visuels : affiche de l’exposition
Karel Appel, Petit Hip Hip Hourra, 1949 & La Chute du cheval dans l’espace silencieux, 2000,© Karel Appel Foundation / ADAGP, Paris 2017