[Expo] «La Maison Magique» joue les oppositions à la Maison de la Culture du Japon à Paris

8 juin 2016 Par Araso | 0 commentaires

Après le ludique «Paysages fertiles» qui jouait avec la lumière pour le plus grand bonheur de nos smartphones, le second opus de la série d’expositions «Transphère» s’ouvre aujoud’hui à la Maison de la Culture du Japon à Paris. «La Maison Magique» réunit deux propositions de l’Atelier Bow-Wow et de Didier Fiuza Faustino qui s’articulent autour du thème de maison/non-maison. Un détour à faire si vous êtes de passage et que vous n’en pouvez plus du manque de l’euro 2016 au champ de mars et du manque de peupliers sur la promenade du quai de Grenelle. 

Note de la rédaction :

«Dessinez-moi la maison du futur». On imagine d’ici le brief donné aux deux studios d’architectes, Atelier Bow-Wow et Didier Fiuza Faustino. Preuve qu’il a été bien pensé, les deux équipes sont arrivées avec des propositions radicalement opposées. Tandis que les japonais de Bow-Wow sont allés puiser dans la structure des temples Shinto pour proposer une version Robinson Crusoé 2016, Didier Fiuza Faustino décrète que la maison en tant que logement est un concept totalement has-been et propose un modèle Star-Wars version bio en bois d’eucalyptus. Les deux objets dialoguent sur fond de développement durable et de gazouillis d’oiseaux.

La Chigi House du collectif Bow-Wow est faite pour habiter dans une société où les hommes ont des difficultés à dialoguer et où il ne pleut pas. Intégralement faite en bois de pin encastrable, montée au Portugal dans une optique de développement durable, elle offre avant tout un toit. Sur les côtés, des banquettes très confortables ont été imaginées pour que les habitants puissent se réunir, partager et discuter, en réponse à une société tokyoite de logements cloisonnés et exigus où règne l’entre-soi et où les réunions d’amis ne se font pas à la maison, lorsqu’elles existent. La maison a été entièrement repensée comme lieu de rencontre, véritable antidote au repli. Un vrai challenge au montage, visible dans un film, tant la société occidentale est habituée à tout ériger à grand renfort de trous et de vis. La structure triangulaire permet de diriger l’énergie émanant de la terre vers le ciel. L’odeur de bois et la sensation des pieds nus sur le plancher sont délicieuses.

Face à elle, un météorite en forme de diamant s’est échoué qui nous interdit résolument d’y pénétrer. En bois d’eucalyptus et toile, sa forme est directement inspirée d’un tableau de Dürer, «la Mélancolie» qui figure un ange boudeur et un putto recroquevillé à proximité d’un étrange caillou prismatique. La façon dont elle a été déposée, sur l’un des plus petits côtés, en font un objet de curiosité particulièrement inquiétant et instable, dont émane une lumière magnétique.

A découvrir à la Maison de la Culture du Japon à Paris jusqu’au 30 juillet 2016.

Visuels © Araso


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