« Espace,espaces! » À la fondation maeght

28 mars 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Du 26 mars au 16 mai, à la fondation Maeght, pour le printemps, Olivier Kaeppelin, son directeur propose une revisite d’une partie de la collection sous un biais herméneutique.

Il s’agit d’une relecture de la collection sous l’énoncé d’une pensée par les formes. Quelques nouveautés aussi et non des moindres, une statue de Garouste, une de Claudine Drai, des indispensables peintures de Gäfgen. Steinberg, Julie Gonzales, Vladimir Velickovic entre autres exposent les mondes dans le corps; « Katia dans un fauteuil » de Balthus évoque un érotisme qui escamote le désir sous les formes et le geste du peintre. Des anamorphoses aussi, plus loin, dont une peinture de Valerio Adami où l’au delà s’ancre dans le dévoilement d’une scène primitive déstructurée cependant qu’organisée,  mise à plat d’une scène impossible qui se chercherait primitive. La forme est ici au service d’un discours qui se veut érotique en cela qu’il s’intéresse à l’autre. Une pièce est consacrée au contributif Wolgang Gafgen dans des œuvres qui  nous parlent de ce mouvement que les choses acquiert par les formes. En face le Vélo de Klaphek voyage seul, maitre de ses formes. Plus loin encore au milieu des formes répétitives de Pol Bury une vidéo d’un collectif d’artistes basé à Tokio pose sa brique à l’édifice de Kaeppelin; ensuite les ombres et les transparences de Soulages ou de Arp s’adossent à un tableau énigmatique et étrange de l’artiste hongrois François Fiedler que la fondation ne se lasse de défendre. Plus avant, les formes sont conçues comme simultanées, en écho ou en décalqués par Pincemin, Van Velde ou Vialat. La question du rythme des formes est confiée à Calder ou Gonzalez. Une installation de Jean Claude Rugillero finit d’aborder le motif du travail sur la forme, les formes sont comprises ici comme ce qui existe avant l’origine ou précédant la destruction. Une vidéo de destruction méthodique et lente exécutée par un personnage cacochyme sous le regard d’un jeune homme assis sur un lit d’hôpital est saisissante.

Chaque œuvre mérite une visite, citons les artistes:  Valerio Adami, Jean-Michel Alberola, Jean Arp, Eduardo Arroyo, Balthus, Jean Bazaine, Anna-Eva Bergman, Georges Braque, Pol Bury, Damien Cabanes, Alexander Calder, Louis Cane, Alan Davie, Jean Degottex, Nicolas de Staël, Erik Dietman, Eugène Dodeigne, Claudine Drai, Jean Dubuffet, François Fiedler, Sam Francis, Lars Fredrikson, Wolfgang Gäfgen, Gérard Garouste, Gérard Gasiorowski, Alberto Giacometti, Lionel Godart, Julio González, Simon Hantaï, Hans Hartung, Barbara Hepworth, Fabrice Hyber, Jörg Immendorff, Paul Jenkins, Ellsworth Kelly, Joël Kermarrec, Ladislas Kijno, Konrad Klapheck, Jean Le Gac, Brice Marden, Jean Messagier, Jean-Michel Meurice, Henri Michaux, Joan Miró, Joan Mitchell, Jean- Pierre Pincemin, François Rouan, Jean-Claude Ruggirello, Pierre Soulages, Sui Jianguo, Saül Steinberg, Sam Szafran, Pierre Tal Coat, teamLab, Gérald Thupinier, Anne Tréal-Bresson, Raoul Ubac, Geer van Velde, Vladimir Velickovic, Claude Viallat, Jan Voss.

Le chemin parcouru dans les pas de Kaeppelin nous laisse découvrir ce que chaque artiste offre de beauté et d’esprit, et ce que l’art pourvoie lorsqu’il est un discours de l’artiste à lui même puis aux autres au sein de travaux sur les formes et leur grammaire qui sont autant ratages que prodigieux essais. Le travail de Kaeppelin renvoie aux études des linguistes et psychanalystes sur le signifiant. Les lois du signifiant sont terribles. Les lapsus et les néologismes sont nos nécessaires libertés. Le parcours proposé par Kaeppelin, qu’il en soit remercié pour cela, est un parcours de néologismes de formes et ainsi une suite d’horizons de ce qui dans l’art donne à réfléchir autrement.


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