Entre profane et sacré, INTI illumine Paris

18 février 2018 Par
Alexia Blick
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Habitué à peindre sur les façades des bâtiments, l’artiste mexicain INTI expose ses oeuvres à la galerie Itinerrance, jusqu’au 17 mars 2018. Un voyage onirique vers les terres incas.

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Ses oeuvres illuminent déjà la France, des murs du marché aux puces marseillais à ceux de la capitale. Le street-artiste INTI investi cette fois, la galerie Itinerrance, située en plein coeur du futuriste XIIIe arrondissement de Paris. INTI ou « soleil » en inca, fait voyager les visiteurs vers sa terre natale.

Même si le peintre est athée, il joue avec les symboles religieux comme dans la fresque Encuentro, pour critiquer les différentes dérives de la société. Sur le sol, des pictogrammes renvoient aux signes cachés dans les tableaux de l’artiste. Des balles de pistolet, des sigles de monnaies, des marques, qui envahissent la galerie autant que notre quotidien.

Avec deux couleurs dominantes, le violet et le jaune, INTI confronte la lumière à l’obscurité, l’élévation à l’obscurantisme. Un jaune pétant pour représenter la culture latine, un jaune plus pâle qui semble signifier la sagesse et l’espoir. Un camaïeu que l’on retrouve sur les visages emprunts de pureté.

Des personnages dont le regard est fuyant, mais de quoi ont-ils peur? Peut être du violet, représentant le néant et l’inconnu. La pièce centrale Profane, fait déborder ses couleurs sur chaque composition, amenant un climat de mort et désolation au milieu de la chaleur mexicaine.

Une atmosphère de voyage, accentuée par la musique et les déambulations de l’artiste, déguisé en clown aztèque. Tous les sens sont mis en éveil, INTI attire l’attention en inventant une nouvelle langue grâce au bruit d’un jouet.

Déjà conquis par Our utopia is their future dont la fresque de l’artiste à Maison Blanche (Paris XIIIe), Christian un amateur d’art a fait le voyage de Genève pour admirer l’exposition. Des personnages vibrants, une intemporalité et une invitation à l’enchantement, le peintre a su trouver la bonne composition pour toucher le public. Que ce soit dans la rue ou sur des toiles, le street-art séduit et permet aux artistes de développer leur expression. C’est en tout cas la conviction de Mehdi Ben Cheick, cinq nouvelles oeuvres sont prévues pour le printemps, dans le cadre du projet Street-Art 13.