Derniers jours pour aller voir Turner à Aix-en-Provence !

13 septembre 2016 Par Maïlys Celeux-Lanval | 0 commentaires

Il fût l’un des premiers à « peindre les yeux ouverts » comme le dit si bien Monet. Avant-gardiste par excellence des préoccupations des peintres impressionnistes, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) s’est plongé dans les rayons de soleil brillants et leur aura dorée avec la patience d’un orfèvre. Sa palette, éclairée de teintes pâles et illuminée de jaunes et de bleus merveilleusement mariés, a inspiré une belle exposition à Ian Warrell, commissaire de l’exposition Turner et la couleur, à voir jusqu’au 18 septembre 2016. Sur les murs du tout nouveau centre d’art de l’hôtel Caumont, présenté avec un luxe de boudoir, Turner ne lasse pas l’œil et ne cesse d’être une source d’étonnement. Car quand le regard se pose sur ses couches grasses de couleurs claires, il tournoie et tourbillonne, suivant les turbulences de l’aveuglante lumière si chère à Turner. 

C’est un événement qui vaut le détour : l’hôtel Caumont, nouveau musée d’Aix-en-Provence remarquable pour le luxe de son architecture et la préciosité de sa décoration, a bénéficié d’un prêt exceptionnel de 36 peintures de la Tate Gallery de Londres. Ainsi, l’exposition est digne de celle présentée en 2010 au Grand Palais, avec le charme généreux d’une scénographie passionnée en supplément. Les murs sont recouverts d’agrandissements de détails colorés de Turner, présentant ainsi les toiles et dessins au coeur même du sujet.

Ici, Turner se découvre à travers le prisme de la couleur, et ce regard invite à une réflexion moins historique que purement métaphysique : on plonge dans ses soleils comme dans un vaste chaos où commence et finit la vie. L’air, l’eau, le feu et la terre sont mêlés dans ses visions brillantes, et l’on se plaît à tournoyer avec lui dans un grand manège de perceptions infimes, moquées par certains de ses contemporains, mais si modernes et si éternelles qu’elles en sont absolument troublantes. Turner touche à l’universel en se concentrant sur l’essence des choses qu’il peint : on a froid devant ses hivers, on se réchauffe face à ses soleils, on se noie dans ses blancs méditatifs, aboutissements précis du cheminement d’une vie, d’une ambition immense, perceptible dès ses premiers essais de jeune homme fasciné par Poussin, Rembrant et Le Lorrain.

Cette exposition possède un charme particulier indubitable, sans doute dû à la passion de sa réalisation. On croit voir pour la première fois Turner, et ses remarquables aquarelles qui invitent au calme et à l’attention la plus fine. Un beau moment, qui mérite le voyage jusqu’à Aix !

Informations pratiques :
Turner et la couleur
Au Caumont Centre d’Art
Jusqu’au 18 septembre 2016


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