Dans les coulisses du succès de Barbie

17 mars 2016 Par Araso | 0 commentaires

Invitée d’honneur du Musée des Arts Décoratifs jusqu’en septembre, l’icône du jouet dévoile pour la première fois en solo et en France ses secrets de star internationale. Née en 1959, la poupée Barbie âgée de 57 ans est présentée comme un objet culturel à part entière et analysée dans le cadre d’un contexte sociétal qui ne cesse d’évoluer. Dans une scénographie ludique, éclatante et très documentée, voyage au coeur d’un des plus beaux succès marketing du XXème siècle. 

Note de la rédaction :

Le sujet est on ne peut plus sérieux. Alors que s’est à peine achevée à Milan l’exposition « Barbie, the Icon » au Mudec qui mettait aussi l’accent sur les aspects culturels, anthropologiques, sociaux, modes et artistiques de Barbie, l’idole des jeunes (et des moins jeunes) s’invite pour la première fois dans une institution muséale française. Mais qu’y voit-on?

Tout d’abord: du rose, le fameux « rose Barbie ». La couleur est tellement associée à la poupée qu’elle porte son nom, au pouvoir si évocateur dans l’imaginaire collectif. En pénétrant dans le musée, face à ces doubles-portes pleines de promesses aux couleurs de la star, on perd immédiatement quelques (dizaines) d’années et on se sent pris d’une irrépressible excitation. A cela se mesure la puissance d’un mythe et le génie d’un concept.

A l’intérieur, ce sont des centaines de poupées qui sont rassemblées, de la genèse de Barbie à ses représentations plus modernes, aux couleurs de peaux et aux corps made in diversité. A grand renfort de videos, photographies, écrans lumineux -brillante scénographie signée Nathalie Crinière, on apprend comment Barbie est née: de la créativité d’une femme visionnaire, Ruth Handler, co-fondatrice de Mattel. Elle décide de lancer sur le marché une poupée en trois dimensions et non pas en papier, et aux corps d’adulte, en rupture avec la prédominance des baigneurs de l’époque. Barbie voit donc le jour en 1959 et pour la première fois, les petites filles ont un jouet sur lequel projeter leur future vie de femme.

Mais qui est donc Barbie? D’abord mannequin dans les années 1960, elle exerce successivement les professions d’infirmière, professeure, astronaute – elle se rend d’ailleurs sur la Lune en 1965, soit 4 ans avant que Neil Armstrong ne le fasse vraiment. Au total, elle exerce environ 150 professions. Elle change de coupe de cheveux et de style à mesure que la mode évolue, possède une famille et un cercle d’amis très étendu tout en étant farouchement indépendante. Son meilleur accessoire? Ken, son amoureux dont elle se sépare de nombreuses années avant qu’il ne la reconquière en 2011.

Souvent taclée par les féministes pour ses mensurations exacerbées et ses cheveux indécents, elle n’en n’est pas moins très émancipée. Elle possède sa propre maison, y invite d’autres femmes, voyage énormément et mène une vie riche et épanouie. Icône de mode, elle possède un dressing à faire pâlir Paris Hilton. Avec son propre twitter et son propre Instagram (@barbiestyle), elle s’est très vite mise au diapason des media sociaux et ne manque jamais une fashion week. Non contente d’avoir travaillé avec les plus grands couturiers, elle a inspiré l’avant-garde (Christian Louboutin et Jeremy Scott lui ont confectionné souliers et vêtements). Les artistes ne jurent que par elle et Andy Warhol a même fait son portrait.

Il est impossible d’imaginer avant de l’avoir vu de ses yeux les moyens mis à disposition du carton planétaire qu’est le phénomène Barbie. Plus de cent personnes travaillent à l’élaboration d’une seule poupée. Barbie est à l’origine d’un véritable écosystème dans lequel gravitent peintres, designers de vêtements, de cheveux, scénographes de théâtre pour la construction des décors (d’une beauté et d’un réalisme à couper le souffle) destinés aux films publicitaires de la poupée. Dans le catalogue de l’exposition, la star quinquagénaire se confie à Frédéric Beigbeder au café Angelina et révèle ses secrets de mode.

Championne toute catégorie du story-telling, elle reste une figure indétrônable. Une belle opération de communication pour Mattel, qui outre le fait de faire rayonner la marque et d’asseoir un peu plus l’empire que constitue Barbie, est une belle occasion de tordre le cou aux mauvaises langues qui taxent la poupée de stéréotype sur jambes (en plastique). A noter au passage l’incroyable créativité des produits dérivés développés par le musée des arts décoratifs dont la boutique s’est fait dévaliser dès la première semaine. Une exposition gonflée dont on ressort bluffés et le sourire au coin des lèvres, mélange de plaisir coupable et de douce régression. Et pour pousser le vice jusqu’au bout, l’exposition comprend même une salle de jeux…

Visuels © Mattel sauf Chloé Ruchon, « Barbiefoot », 2009 © Musée des Arts Décoratifs


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