« Carré latin », l’Amérique latine au cœur du Palais Royal

13 octobre 2018 Par
Magali Sautreuil
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Du 9 au 21 octobre 2018, pour la troisième édition du Carré latin, Paris met à l’honneur une quarantaine d’artistes latino-américains les jardins et les boutiques du Palais royal. Une invitation à découvrir la richesse et la diversité de l’art contemporain d’Amérique latine.

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Créé en 2016 par Leonor C Parra, directrice du LCP+art, à la demande du public et des collectionneurs, Carré latin est un événement qui participe à la fois à la révélation de jeunes talents et à la promotion d’artistes déjà reconnus. Mais il ne se contente pas de suivre une tendance, celle de l’essor du marché de l’art latino-américain, il leur offre également une formidable tribune, où ils peuvent librement s’exprimer.

Pour cette troisième édition, les œuvres d’une quarantaine d’artistes, originaires d’une dizaine de pays d’Amérique latine et majoritairement du Venezuela, sont exposées dans le jardin et les vitrines des boutiques du Palais royal, situées dans les galeries Montpensier, Beaujolais, Valois et Orléans. Certaines ont même été réalisées spécialement pour cette occasion, mais il faut savoir bien observer pour n’en rater aucune. Les œuvres prennent en effet place dans les vitrines des boutiques, au milieu des autres objets. Elles sont signalées par des cartels très succincts, qui nous révèlent leur emplacement.

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Yosman Bottero Gomez

Le choix du Palais royal n’est pas anodin. Il y a d’abord un aspect pratique : il bénéficie en effet d’un emplacement assez central et facile d’accès dans Paris. Mais il y a surtout un côté symbolique : c’est un lieu hautement culturel, situé à proximité de l’opéra Garnier, du musée du Louvre et de la Comédie française, un écrin d’une richesse exceptionnelle à  la fois sur les plans historique et artistique. Autrement dit, le Palais royal offre une parfaite résonnance aux œuvres présentées dans le cadre de Carré latin, qui témoignent du bouillonnement artistique qui anime le monde de la création contemporaine en Amérique latine.

Celle-ci est en effet incroyablement prolixe et diversifiée, si bien qu’on ne peut parler d’un art latino-américain, mais d’arts latino-américains en constante évolution. Influencés par divers courants artistiques (Bauhaus, minimalisme, art conceptuel, art cinétique…) et cultures (européenne, nord-américaine, péruvienne, colombienne…), les artistes latino-américains ont su développer leur propre style en s’inspirant de leur propre histoire et de celle de leur pays. Cette diversité leur confère à la fois une identité singulière et une portée universelle.

Les œuvres présentées oscillent entre abstraction et figuration, en passant par la destruction de l’image. Chacune témoigne d’une réflexion sur les formes, les couleurs, les matériaux et leur interaction avec l’extérieur. Sous des airs colorés et joyeux, certaines œuvres dénoncent les années de dictature, la censure et l’instabilité de leur pays, questionnent notre société et le monde actuel, tandis que d’autres sont le reflet des paysages, des villes et de leurs habitants.

Chaque œuvre a une identité qui lui est propre et, pour l’apprécier à sa juste valeur, nous vous conseillons de suivre une visite guidée car les cartels ne donnent presqu’aucune information. Pour ce faire, il vous suffit d’en faire la demande par courriel à l’adresse suivante : contact@carrelatin.com

Les œuvres prennent une toute autre dimension lorsqu’elles sont commentées. Par exemple, la série sur les barricades d’Alejandro Vega Beuvrin. Au premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit d’une sculpture polymorphe qui joue sur nos perceptions. En réalité, le message de cette œuvre est bien plus puissant. Nous avons eu la chance de la découvrir en compagnie de l’artiste, qui nous a appris qu’elle était un symbole de protection contre la répression et la censure, un abri pour pouvoir s’exprimer librement et prendre conscience que ceux qui nous entourent ne sont pas si différents et ont eux-aussi le droit de s’exprimer. Cette conscience de l’autre est plus explicite dans l’œuvre composée de miroir, qui nous renvoie notre propre reflet, ainsi que celui de ceux qui se trouvent autour de nous.

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Alejandro Vega Beuvrin

Cette rencontre fortuite avec Alejandro Vega Beuvrin est assez significative de l’esprit du Carré latin : une exposition à taille humaine, qui souhaite être un lieu de rencontre entre des artistes contemporains d’Amérique latine, des œuvres et le public.

Souhaitons que cet événement perdure et que chaque année il enrichisse sa programmation de temps d’échange et de débat, d’ateliers artistiques, de performances…

Vous pouvez suivre l’actualité de l’événement sur la page Facebook du Carré latin ici.

Artistes exposés : Gisseline Amiuny de Ottati  / Antonio Asis / Ben Abounassif / Soraya Abu Naba’a / Milton Becerra / Daniel Benaim Ginnari / Yosman Botero Gomez / Jorge Cabieses Briceno / Paulo Castro / Elizabeth Cemborain / Elias Crespin / Gaudi Esté  / Arsenio Felipe Reyes / Consuelo Ginnari / Carlos Garcia Garcia / Wilmer Herrison / Goncalo Ivo / Pepe López / Bianca Lee Vasquez / José Margulis / Jaildo Marinho /Francisco Martinez / Carlos Medina / Jonidel Mendoza / Luis Millé / Ignacio Muv / Cristóbal Ochoa / Julio Pacheco Rivas / Gianna Pollarolo / Arturo Quintero / Mareo Rodriguez / Gregorio Siem / Inés Silva / Gastón Ugalde / Efrein Ugueto / Enfraín Ugueto / Alejandro Vega Beuvrin / Abel Ventoso / Maria Angelica Viso / Javier Vivas / Yoshi

Visuels : Cyrielle Rafini et Magali Sautreuil