« A Pied d’oeuvre(s) », la Sculpture repensée à La Monnaie

15 avril 2017 Par
Yaël Hirsch
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A partir de pièces des collections du Centre Pompidou, A Pied d’oeuvre(s) propose de redécouvrir l’Histoire de la sculpture aux 20e et 21e siècle et interroge les frontières du genre. Avec des œuvres signées Marcel Duchamp, Yves Klein, Orlan, Tony Cragg, l’exposition étonne et démontre brillamment que « Ceci n’est pas une sculpture ».

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Entrée en fonction le 1ier janvier 2017, Camille Morineau, directrice des expositions et collections à la Monnaie de Paris, inaugure sa programmation avec un co-commissariat avec Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne. Drôle d’exposition que ce A Pied d’Oeuvre qui fait un choix dans les « sculptures » des collections de Pompidou pour nous montrer d’abord et avant tout… des vidéos! Il y a au-dessus des escaliers un film de l’installation de Robert Smithson à Salt Lake City.

Et quand on pousse les rideaux, une vidéo de Pipilotti Rist nous attend à même le sol pour nous inviter à entrer dans la danse. Sur les côtés, Robert Serra ouvre et ferme la main sur du plomb dans son film culte de 1971, tandis que Ava Mendieta livre deux Super-8 de traces plus spectrales que sculpturales.

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C’est seulement après avoir poussé le deuxième rideaux que l’on trouve le clou de l’exposition « Angels of Marseille », de James Lee Byars, aussi matériel que symbolique avec ses perles rouges sang. On commence donc au ras du sol avec une poussée vers un changement de perspective qu’entérinent les trois pièces magistrales de la salle suivante : Le trébuchet de Marcel Duchamp, La femme égorgée d’Alberto Giacometti et Ci-gît l’espace d’Yves Klein, ainsi que le dessin géométrique plat et néanmoins sculptural de Carl André.
 Après les frontières avec la vidéo, de la gravité (magnifiques pièces de Tatiana Trouvé) et de la 3e dimension, c’est le lien entre sculpture et performance qui est mis en question à travers les travaux de mesures de deux femmes : Orlan et l’autrichienne Valie Export.

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Tony Cragg, lui, morcelle et décompose tandis-que les photos de Sophie Ristelhueber et l’installation stellaire de Luciano Fabro repoussent les limites de la sculpture à l’infini. Avec Claudio Parmiggiani, on va vers la couleur pure dans un sculpture tableau qui sent les épices et le sacré. Tandis que Eve Sonneman, Rut Blees Luxembourg et Jean-Luc Vilmouth vont vers des traces abstraites ou concrètes de la troisième dimension.

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L’exposition finit sur une installation de Jochen Gerz dont le visiteur est le héros. En repartant et en savourant la manière dont l’exposition a infiniment bien démontré que l’espace de la sculpture s’est démultiplié, l’on ne manquera pas d’apprécier que toute cette matière a aussi des « chutes » qui peuvent être exploitées avec les plumes roses de Michel Blazy.

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visuels : Collection Centre Pompidou © Martin Argyroglo / Monnaie de Paris