Le futur du design ou le design du futur s’expose à Amsterdam

14 septembre 2016 Par Alice Aigrain | 0 commentaires

Le Stedelijk museum – Musée du design d’Amsterdam – présente jusqu’à la fin de l’année 2016 « Dream out loud », le résultat d’un concours, organisé tous les deux ans, dédié à mettre en lumière le travail de jeunes designers hollandais. L’exposition qui en découle s’avère particulièrement intéressante. S’articulant autour des réponses que peut proposer le design aux besoins de demain, l’accrochage alterne entre délires futuristes, alchimies créatrices et concepts réalistes, le tout dans la plus grande limpidité de propos.

Note de la rédaction :

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Des opérations chirurgicales des plus expérimentales, un miroir obtenu par l’agglomération de déchets chimiques, une maison en kit qui récupère et filtre l’eau en open-data. Quand on demande à de jeunes designers hollandais de répondre aux problématiques de demain, force est de constater que l’imagination n’est pas en reste. L’exposition présente ainsi 26 travaux, dont le point commun semble être la prise en charge de questions d’ordre sociales ou environnementales. Le musée propose de décrypter les projets autour de quatre axes : l’utilisation de la fiction, pour rendre visuel l’imaginable du futur ; la récupération et le développement de nouveaux matériaux ; la recherche de nouvelles applications des dernières technologies ; et la responsabilisation des entreprises par la mise en lumière de leur impact environnemental.

Ces catégories semblent pourtant se dissoudre au fil de l’exposition, le processus même de sélection des œuvres, ne permettant pas une telle cohérence. Les œuvres sont choisies par un jury d’expert, dans le cadre de « propositions pour l’acquisition d’art municipal ». Ouvert à tous les créateurs et designers, le concours n’impose aucune thématique en amont. Ainsi les artistes sont ici tant des ingénieurs sortis de l’université de Delft, de jeunes entrepreneurs, que des designers à la formation plus traditionnelle. Ce n’est qu’une fois la sélection faite que les commissaires de l’exposition se chargent de trouver un fil conducteur pour mener le parcours avec cohérence. Ici la question du futur, se pose en filigrane dans presque toutes les œuvres malgré quelques productions qui sortent de ce fil rouge et font paraitre la catégorisation comme un peu forcée. Cependant cela ne retire rien de la qualité des œuvres comme de la médiation.

En effet, l’intérêt principal de cette exposition réside tant dans les œuvres sélectionnées, dont certaines marquent par leur propos ou leur rendu plastique, que dans la qualité des explications que fournit l’exposition. Le choix de reprendre la scénographie traditionnelle des expositions d’architecture, – prototype ou maquette, dessin et cartel explicatif détaillé agrémenté parfois d’une vidéo pour chaque projet- , permet au visiteur de se trouver face à des objets dont il comprend le fonctionnement, l’utilité mais également le processus créatif dont ils découlent. Une manne pour comprendre des œuvres parfois très expérimentales ou délirantes. Sans cela, certaines oeuvres comme celles du studio Formafantasma, si elles étaient privées de leur cartel explicatif, passeraient pour des objets uniquement décoratifs quand la majorité de leur originalité réside dans le process de création.

Seul bémol à cette sélection cependant, la présence de projets dont l’aspect promotionnel et commercial laisse dubitatif quant à leur légitimité à être présenté ici. C’est le cas notamment de la partie réservée à la décoration des cabines d’avion de la compagnie aérienne KLM, qui a choisi sur une proposition d’Hella Jongerius d’optimiser au maximum la matière utilisée par la récupération de certains matériaux notamment. Le projet représente certes, un exemple concret d’utilisation du design pour pallier aux problématiques environnementales, mais elle dénote par son manque de force et semble n’être qu’une vitrine promotionnelle de la compagnie. A l’inverse, l’exposition du fairphone, bien qu’étant en cours de commercialisation, semble trouver une place plus justifié dans l’exposition par la radicalité de son positionnement.

Cela n’empêchera pas les rêveurs, les utopistes, comme les plus rationnels d’entre nous de trouver dans cette exposition des chemins aussi oniriques, esthétiques que pratiques pour pallier aux besoins de demain. Ajouter à cela l’exposition Jean Tinguely qui ouvrira le 1er octobre, et vous n’aurez plus d’excuses, pour ne pas rentrer au Stedelijk museum lors de votre prochain passage sur la museumplein d’Amsterdam.


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