Le procès d’Asli Erdogan a repris à Istanbul

3 janvier 2017 Par
Léa Sanchez
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Lundi 2 janvier a repris le procès d’Asli Erdogan. La mobilisation se poursuit pour soutenir la romancière turque, accusée d’appartenir à une organisation terroriste en raison de sa collaboration avec le journal prokurde Ozgür Gündem. Elle est en liberté sous contrôle judiciaire depuis le 29 décembre, après plus de quatre mois de détention. 

« Rien n’est encore joué. Je suis juste sortie de prison », confiait Asli Erdogan à RFI le 1er janvier, deux jours après sa mise en liberté conditionnelle. La célèbre romancière, accusée avec huit autres personnes de « propagande terroriste » et d’appartenance à « une organisation terroriste » pour sa collaboration avec le quotidien prokurde Özgür Gündem, affirmait appréhender la suite des événements : « Il est probable que je sois acquittée de la plupart des chefs d’accusation à mon encontre. Mais je pressens qu’ils me condamneront quand même à une peine de deux ans de prison ou quelque chose dans le genre ».

En liberté conditionnelle jusqu’au 14 mars

Hier, lundi 2 décembre, a repris son procès. A l’issue de l’audience, comme l’évoque Livres Hebdo, la justice a décidé de laisser en détention certains inculpés comme Inan Kizilkaya, un des éditeurs en chef de Özgür Gündem. Au contraire, Asli Erdogan devrait rester en liberté conditionnelle jusqu’à la prochaine audience, prévue le 14 mars. En attendant, elle se réadapte à la vie à l’extérieur de la prison.

Devenue un symbole de la chasse aux sorcières menée par un régime turque de moins en moins respectueux des droits de l’homme, comme le déplorait le Quai d’Orsay dans un communiqué du 29 décembre, la romancière a publié huit livres. Une carrière littéraire qui succède à ses débuts professionnels dans le milieu de la physique nucléaire : elle a travaillé pour le CERN entre 1991 et 1993. Femmes de lettre engagée, dont les parents ont été détenus et torturés par le régime turc durant sa jeunesse, l’écrivain a un parcours littéraire marqué par sa volonté de défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Un rassemblement prévu le 12 janvier devant l’Ambassade de Turquie

aslierdoganlesilenceLa mobilisation en sa faveur se poursuit. Plusieurs personnalités politiques, journalistiques et artistiques la défendent, tant en Turquie qu’à l’international. Dès son arrestation en août, les écrivains Patrick Deville et Jean Rolin lancent notamment une pétition pour défendre la romancière.

Organisation d’une cagnotte, d’événements de solidarité… A Paris comme dans plusieurs autres villes françaises telles qu’Angers, Marseille, Metz ou Poitiers ont eu lieu ou sont prévues des lectures, projections ou conférences en appui à la femme de lettres. Un rassemblement aura lieu le jeudi 12 décembre devant l’Ambassade de Turquie, à Paris, à 14h30.

De plus, le 4 janvier, Actes Sud publiera Le silence n’est même plus à toi, un recueil rassemblant quelques-une des chroniques d’Asli Erdogan. « Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le voeu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son oeuvre a droit de cité », a précisé la maison d’édition.

Visuel : issu du site d’Actes Sud, couverture du recueil Le silence n’est même plus à toi