Rapolitique: Le soutien des rappeurs aux candidats des primaires US (1/2)

7 juillet 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

Les puristes du Hip-Hop ont toujours vu le rap comme un mouvement fondamentalement politique. Cet aspect a été visible aux Etats-Unis lors des primaires américaines de cette année 2016. Les rappeurs n’ont, en effet, pas hésité à afficher leur préférence politique et à soutenir certains candidats.

Lors de son dernier dîner des correspondants à la Maison Blanche, Barack Obama Drop The Mic et provoque les acclamations des journalistes présents dans la salle. Ce geste emprunté à la culture rap fait rire et paraît anecdotique. Pourtant, il prouve l’influence de plus en plus grandissante du rap, de ses codes et de ses protagonistes sur la politique américaine. Ce phénomène était particulièrement visible lors des primaires démocrates et républicaines du 1er février au 14 juin 2016. Bernie Sanders ne fait pas exception à la règle. Le sénateur du Vermont était très proche du rappeur originaire de la Géorgie, Killer Mike. Le fondateur du groupe Run de Jewels était bien plus qu’un garant de popularité. Certains membres de l’entourage du démocrate, lui prêtent même le rôle de conseiller. La proximité des deux hommes est illustrée par une série de vidéos chez un barbier d’Atlanta où ils parlent des sujets centraux de la campagne. Le New-Yorkais répond aux questions de Mike Bigga et surjoue le rôle du septuagénaire en phase avec le monde d’aujourd’hui. Lors de cette entrevue tous les codes du Hip-Hop y passent, du check le plus farfelu aux poses style Boys in the Hood. Il ne manquait plus qu’un dab et on était dans la troisième dimension. Parfois, la scène tourne au ridicule mais les auditeurs de rap sont un tel réservoir de voix pour les politiques qu’ils semblent prêt à tout pour le conquérir. Mais les démocrates ne sont pas les seuls à vouloir saisir l’opportunité.

Bien loin des clichés voulant que le rap soit une musique de gauche. Certains rappeurs ont ouvertement soutenu des candidats républicains. Sur twitter Azaealia Banks, rappeuse de Harlem, a clairement énoncé sa préférence lors des primaires. « Ok, je crois que je suis prête à admettre que je vais voter pour Donald Trump » a-t-elle déclaré le 1er février 2016. Elle ajoute : « Ce pays n’est qu’un gros tas de merde alors autant mettre une autre merde à la Maison » et finira par : « seul un diable pourrait diriger un pays diabolique dominé par le capitalisme, la consommation et le racisme ». Trump étant l’incarnation du capitalisme, il s’agit donc pour l’auteur de 212 de soigner le mal par le mal.

Les soutiens, venant du monde du Hip-Hop, aux républicains ne s’arrêtent pas à ce simple cas. Un groupe de rap chrétien, We are watchmen, appuie la candidature de Ted Cruz dans set it on fire. On ne s’épanchera pas sur la médiocrité du flow et de l’instrumental, mais plutôt sur le texte. Les Lyrics sont à la gloire des valeurs conservatrices et chrétiennes américaines avec un goût prononcé pour l’ultra-libéralisme, « Our heredity and pedigree is liberty » (Notre hérédité et pédigrée, c’est la liberté). Les deux rappeurs ont un objectif avoué, mobiliser les chrétiens à remplir leur devoir civique. Dans un pays où le Président doit prêter serment sur un livre religieux lors de son investiture, l’aspect religieux dans les campagnes électorales aux Etats-Unis est essentiel. Le soutien d’un groupe comme We are Watchmen constitue alors pour le sénateur du Texas un gain de voix non négligeable.

Certains candidats, pour s’assurer les voix des fans des artistes, vont même jusqu’à offrir des postes politiques importants aux rappeurs. Hillary Clinton a ouvert la voix, en proposant à Kanye West d’être son vice-président si elle devient la locataire de la Maison Blanche en 2020.

Visuel:© Chris Piascik – Flickr


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