Radiohead en concert hier soir en Israël sur fond de polémique

20 juillet 2017 Par
Gaspard de Florival
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Malgré plusieurs appels au boycott, le groupe anglais s’est finalement produit hier soir à Tel-Aviv. 

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Le concert s’est joué à guichets fermés. Il ne restait pas une place des 51 000 du parc Hayarkon de Tel-Aviv. Pourtant le concert a failli ne pas avoir lieu. Radiohead s’est en effet, retrouvé pris en étau entre deux camps sur fond de conflit israëlo-palestinien. Thom Yorke et ses compères ont subi la pression de nombreux artistes comme Roger Waters (Pink Floyd) ou encore de Ken Loach, les exhortant à annuler leur concert alors qu’une large campagne de boycott est menée pour dénoncer « l’occupation par Israël des territoires palestiniens ».

Cette campagne consistant à mettre la pression sur le groupe a aussi été menée par le BDS (Boycott Desinvestissement Sanctions), un mouvement qui dit s’inspirer de la campagne contre l’apartheid en Afrique du Sud. Le DBS entend lutter contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Ses militants considèrent que des musiciens Radiohead ont un poids politique et qu’ils dépassent les limites en jouant en Israël.

Si Guns N’Roses, Elton John ou encore Britney Spears se sont produits récemment, les pressions auxquelles font face les musiciens entrainent parfois des annulations comme celle de Lauryn Hill en 2015 ou Elvis Costello en 2010. Radiohead, de son côté, est aussi connu pour ses prises de position. On se souvient que l’album Hail to the Thief a été vu en partie comme une critique de la présidence de George W. Bush aux USA.

Pour Omar Barghouti, un des responsables du mouvement BDS, dit en parlant de Radiohead qu’ «ils ont soutenu les droits de l’homme ailleurs, mais lorsqu’il s’agit de la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité, ils ont ignoré obstinément nos appels, aidant ainsi la machine de propagande israélienne à dissimuler son déni de nos droits. »

Néanmoins, il semble que le boycott culturel soit de plus en plus fragilisé en Israël. D’après la société de production Blue Stone, 27 concerts ont été programmés cette année, contre cinq l’an dernier. Selon, Guy Beser, l’un des fondateurs de Blue Stone « Le BDS a perdu la guerre. Ils se battent avec de mauvaises armes, ils donnent de fausses informations aux artistes ou au public. Les gens commencent à comprendre la vérité sur Israël ».

Mais qu’en pensent les principaux intéressés? Thom Yorke, le charismatique leader du quintet a assuré sur Twitter que « jouer dans un pays ne veut pas dire cautionner son gouvernement ». Et de poursuivre « la musique, l’art et le monde universitaire sont un moyen de traverser les frontières, pas de les construire, une manière d’ouvrir les esprits, pas de les fermer ».

Visuel: © Daniele Dalledonne Radiohead