Une dévalorisation du doctorat ? Débat

20 juin 2016 Par Juliette Monnier | 0 commentaires

Inquiétude autour de la réforme des thèses, le débat est animé, ces propositions ne font pas l’unanimité

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Devenir docteur après des années de travail acharnées ? Que nenni ! Un nouvel arrêté sur la réforme du doctorat est en préparation. Le temps passé sur une thèse, preuve d’un accomplissement du parcours réalisé est désormais tout relatif. Vous pouvez recevoir ce titre après votre licence, et le master n’est plus une étape obligatoire pour devenir doctorant, sois le plus haut grade universitaire français. Loi aristocratique ou volonté d’air frais au sein des universités ? En avril 2015 la réforme a déjà suscité le débat qui ne cesse d’enflammer les médias et le monde universitaire qui crie au scandale au nom de leur autonomie. Les mots fusent sur internet entre « médiocrité » et « reconnaissance internationale et nationale », le débat est lancé. Cet arrêté très attendu avait pour but de considérer le doctorat comme une expérience professionnelle, confirmer l’excellence de ce diplôme au niveau national et internationale mais ce texte n’a fait que décevoir les étudiants chercheurs concernés. Au premier jour de sa sortie, une pétition déjà signée par 1429 étudiants dont la Fédération SUD Education conteste notamment la durée arbitraire des thèses limitée à 3 ans soit perte d’une méditation pourtant nécessaire. Les chercheurs soulignent leur inquiétude de « thèses lights » pauvres, et moins mûries et ont le sentiment qu’il s’agit là de « brader le doctorat » (article 14). Sans rémunération supplémentaire, sans prise en compte du cas par cas, ils craignent que le doctorat ne se résume qu’à un langage enfantin, une étape de formation alors qu’il est par nature professionnalisant : il ne serait plus ambassadeur d’une excellence de haut niveau. En somme un texte complexe qui semble fragilisé le doctorat, dû à un manque d’encadrement et clarté. Des décisions qui influent tout le fonctionnement universitaire : Que deviennent les maîtres de conférences diplômés d’un doctorat ? Des conséquences à la chaîne qui demandent une « une réécriture prenant en compte les aspirations des principaux intéressés ». En somme on a plutôt l’impression d’une centralisation ministérielle, d’une besoin de contrôle face aux libertés académiques. Droite ou gauche, les journaux prennent parti et ne font pas l’unanimité. Si les Universités et étudiants se plaignent de cette intervention ministérielle et de leur perte d’autonomie, le Ministère de l’Education Nationale calme le jeu en assurant qu’il s’agit d’une période de réflexion et que cette réforme ne serait mise en place que à la rentrée 2016. En réponse au manque de ce texte, les étudiants et leurs syndicats proposent des solutions qu’ils nomment  » de terrain plus en phase à la réalité et aux enjeux de demain ». Des solutions concernant des moyens humains et financiers permettant une rémunération dans les règles de l’art pour la dignité des étudiants chercheurs.  La nuance est au cœur de la question, le doctorat est ce une formation à la recherche ou une formation par la recherche ? Termes  empruntés à Lauréline FontaineC’est à dire, une mise en avant d’un savoir ou une réduction de celui ci sous la masse administrative, à la place d’un travail de fond place à la « professionnalisation ». La Confédération des jeunes chercheurs ne comptent pas en rester :  Réforme du Doctorat, le Ministère promet, les jeunes chercheurs proposent.

Affaire à suivre…

Visuel : ©TiphaineRivière Carnets de Thèses


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