Réforme de l’orthographe : bientôt un nouveau tollé ?

18 août 2016 Par Fiona Dubois | 0 commentaires

Depuis le XVIIe siècle, les velléités de réformes de l’orthographe par l’Académie française suscitent un tollé de la part des Français, connus pour être extrêmement attachés à leur langue. Ce fut le cas cet hiver lorsque l’Académie osa quelques simplifications du français. Une controverse qui risque de reprendre à la rentrée.

Les réformes que l’Académie française a adopté cet hiver ont pour vocation d’appliquer des rectifications de l’orthographe déjà formulées en 1990 mais très peu utilisées effectivement. Elles seront systématisées à la rentrée prochaine, et inscrites dans les manuels scolaires. Parmi les changements décidés par la prestigieuse institution, on note que l’accent circonflexe est rendu facultatif, sauf quand il marque une terminaison verbale, sur les noms propres, ou quand il apporte une distinction de sens. Les traits d’union et les ph ne sont également plus obligatoires, de manière à rendre la graphie plus cohérente et intuitive.

Si cette réforme – comme toute réforme de l’orthographe –, est vivement critiquée, c’est avant tout parce que certains y voient le signe de la dénaturation de notre belle langue française au nom d’un nivellement par le bas. On supprimerait l’accent circonflexe non pas parce qu’il est inutile dans certains cas, mais parce que certains écoliers sont incapables de l’utiliser correctement. En outre, pour certains, ce sont les fantaisies du langage, même incohérentes, qui font tout le génie de notre langue.

Pour l’Académie, celle-ci ne fait que recueillir un usage de la langue, et n’a pas vraiment le pouvoir de réformer autoritairement la manière dont elle s’écrit. Car l’usage prendra toujours le pas sur la contrainte académique. Ce qui nous rappelle les mots de l’académicien d’Alembert au XVIIIe siècle : « La compagnie avait formé, il y a quarante ans, le projet d’un dictionnaire orthographique pour fixer l’orthographe française ; ce projet fut bientôt abandonné ».

La bataille entre anciens et modernes ne cessera probablement jamais, et sûrement tant mieux alors qu’elle est le signe de cette obsession très française : l’amour de notre langue. Si pour Flaubert l’orthographe était « la divinité des sots », c’est un Dieu qui ne cesse de nous faire parler, et qui fera sans doute parler à la rentrée prochaine, lorsque les écoliers découvriront leurs nouveaux manuels.

Visuel : © drs1ump – Académie Française


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