Politique culturelle: polémique autour du Louvre inondé

17 juillet 2017 Par
Gaspard de Florival
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La Tribune de l’Art a été le premier (et le seul) média à tirer la sonnette d’alarme à la suite d’une inondation au Musée du Louvre et de son absence de réaction à la suite de la dégradation de certaines oeuvres. Il aura fallu que le Musée apprenne que le journal Le Monde prépare un papier sur le sujet pour publier un communiqué. Communiqué repris ensuite bêtement par le reste des médias, sans référence ni à La Tribune de l’Art ni au mutisme du Louvre. Explications. 

Le Palais du Louvre et la pyramide de Pei

Les fortes rafales de pluies de la semaine dernière à Paris n’auront pas été sans conséquence. Selon La Tribune de l’Art, qui avait déjà révélé le 9 juillet dernier qu’une centaine de manuscrits médiévaux avait été touchés à la BnF, alerte aujourd’hui sur le fait que quelques pièces du Musée du Louvre n’auraient pas non plus été épargnées. Le patrimoine culturel appartenant à l’ensemble des citoyens, La Tribune de l’Art s’est insurgé de l’absence de réaction du Musée répétant que « nous avons le droit de connaître les dommages subis par les collections ». La direction du Musée a, en, effet, refusé de répondre aux questions de Didier Rykner, l’animateur du site. L’omerta de la direction ne passe pas auprès de M. Rykner qui constate que « certains directeurs de musées semblent considérer que les œuvres leur appartiennent, et qu’il ne faut surtout rien révéler des accidents qui peuvent leur arriver. »

Et l’animateur du site de poursuivre que d’après ses informations (qu’il n’a donc pas pu vérifier), « trois des tableaux des Saisons de Nicolas Poussin ont été endommagés par l’eau, une peinture de Jean-François de Troy également. Les réserves des antiquités égyptiennes et orientales ont été inondées, heureusement sans dommage pour les œuvres, tandis que des faux plafonds des salles de l’Orient méditerranéen dans l’Empire romain, refaites en 2012, se sont effondrés et que des tissus coptes ont été mouillés. Les toiles françaises dans la salle des Sept Cheminées ont été enlevées en raison des infiltrations. Toutes ces informations sont incomplètes car le Louvre estime manifestement que cela ne regarde pas le public. » De leur côté, les différents médias n’ont, après la publication du papier par La Tribune de l’Art, pas relayé l’information.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Apprenant que le journal Le Monde, qui a un lectorat bien plus important que La Tribune de l’Art, préparait un article sur les inondations dans les Musées, le Louvre a finalement publié un communiqué. Une manière, en somme, de prendre les devants et éteindre tout début de polémique. Dans le communiqué, le musée confirme partiellement les informations données par La Tribune de l’Art.

C’est ce communiqué qui a été repris par l’ensemble des médias, notamment Le Figaro, Le Dauphiné Libéré ou FranceTVinfo. Le problème est qu’aucuns d’entre eux ne cite La Tribune de l’Art. De même, comme le constate Arrêt sur Images, les sites web France Bleu ou BFM ont relayé l’information sans même citer leurs sources et oublient alors complètement de mentionner le communiqué. Une réalité qui fait tâche.

Mais ce qui intéresse Toute la Culture, c’est bien évidemment la culture en elle-même. Revenons donc à nos moutons car il semble que l’omerta du Musée soit plus importante encore. En effet, comme l’observe Didier Rykner, qui n’a pu recevoir le témoignage de l’un des conservateurs, arguant qu’il n’avait pas le droit d’en parler, il semble que des instructions aient été transmises au personnel. Une politique du silence pour l’un des musées les plus importants musées du monde. Et Didier Rykner de conclure « Cela est inacceptable, et des explications devront être fournies ». Une affaire à suivre, donc…

Visuel: © dalbera