Les données personnelles au cœur du FIC

27 janvier 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Jusqu’au 26 janvier se tenait à Lille le très important FIC, l’acronyme, le milieu en est friand signifiant « Forum International de la Cyber-sécurité ». Étonnamment, la culture est au cœur de ces questions.

Que la culture s’intéresse à la cyber-sécurité n’est pas chose neuve. On peut citer la série
Mr Robot où une multinationale « evil corp » détient 70 % des dettes mondiales, et l’on suit les péripéties d’un génial hacker qui va tenter de renverser ce monopole et par là même faire s’effondrer les bases même du capitalisme sauvage. La série est perçue dans le monde geek voir Nerd comme très juste sur la description des outils utilisés. On pourra citer au hasard ProtonMail (un outil équivalent à Gmail développé par le CERN et hébergé en Suisse), John The Ripper (pour déchiffrer des mots de passe), FlexiSpy (pour espionner le contenu d’un SmartPhone), et tout un tas d’autres technologies existantes. Et surtout, il utilise les réseaux sociaux pour mieux vous connaître, et ainsi, à l’aide du nom de votre animal de compagnie, de votre date de naissance et de tout ce qui pourrait avoir un minimum d’importance pour faciliter la déduction de votre mot de passe favori (qui est en général une combinaison de tout cela, si ce n’est pas « 123456 », mot de passe le plus utilisé en 2015)….

Le FIC (Forum International de la Cyber-sécurité) a fait pendant deux jours la part belle au cyber-terrorisme d’état. On ne compte plus les sites dont la page d’accueil a été modifiée (« defacement ») pour faire la promotion de telle ou telle organisation terroriste (DAECH ou AQMI) ou d’activistes de tous poils (ANONYMOUS). Et au vue de l’année 2015 et avec le fameux projet de loi sur le renseignement dont le tout nouveau garde des sceaux,  Jean-Jacques Urvoas, en est l’instigateur dès 2013, il n’est pas étonnant que la plupart des thèmes soient axés sur le cyber-terrorisme. Ce qui a valu à Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, présent au FIC la petite phrase : le « néo-djihadisme, c’est la ceinture d’explosifs plus les réseaux sociaux. »…On aura appris pendant ces quelques heures que « 13 policiers et gendarmes de la plateforme Pharos poursuivent leur investigations grâce aux signalements pratiquement tous porteurs d’informations utiles ».

L’une des questions clés posée au champ culturel est bien sur la protection de la vie privée. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’utilisateur doit se prendre en main. Chacun un double numérique, évoluant sur Internet, celui-ci est une fidèle représentation de vos goûts (musicaux, culturel), de vos envies, mais plus précisément de vous (sexe, age, ville de naissance, ville actuelle, numéro de carte bleue sur tel ou tel site pour vous simplifier votre parcours client)

Isabelle Falque-Pierrotin (Conseiller d’État, Présidente de la CNIL nous le confiait en interview : « Depuis l’affaire Snowden et ses révélations sur les méthodes de surveillance de masse des services de renseignement américains, les publications de photos intimes, le gigantesque hacking de site adultère canadien l’été, ou plus récemment la fuite de données personnelles de mineurs et de leurs familles traitées sur des sites et applications de jouets connectés , les citoyens commencent à se poser des questions sur la sécurité de leurs données personnelles. »

Les objets connectés à Internet se multiplient rapidement et cela pose une vraie question en matière de cybersécurité. Le piratage de frigos connectés utilisés pour constituer des spambots, le piratage de véhicules connectés, et plus récemment le piratage massif des données personnelles des clients du célèbre fabricant de jouets VTech, ne sont qu’une petite illustration des dangers liés aux objets connectés.

Des solutions ? Ne pas attendre de ce que le milieu nomme le GAFA, voir GAFA(T)s Google Amazon Facebook Apple Twitter une protection. Ils offrent un service « gratuit » et se rémunèrent avec les données des utilisateurs. Les conseils restent basiques, vous réentendrez l’adage : « changez votre mot de passe ».

Au final, le message général est le signe d’un entre-deux en demi-teinte, qui invite à ne pas succomber au climat anxiogène du moment tout en sous-estimant pas la menace.

Visuel : ©CL


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