Le politiquement correct du Rijksmuseum

4 janvier 2016 Par Clémence Charrier | 0 commentaires

Une polémique agite le Rijkmuseum d’Amsterdam. Véritable institution de l’histoire de l’art, regroupant un nombre extrêmement important des oeuvres parmi les plus connues d’artistes majeurs du patrimoine mondial, le musée a décidé de… censurer certains titres de ses pièces exposées.

Dévoilée au public au mois de décembre, l’initiative Ajustements au sujet des terminologies colonialistes, a pour but de se pencher sur les titres des oeuvres exposées, afin de les mettre à jour si leur vocabulaire est jugé offensant. Beaucoup de toiles ont en effet conservé les traces d’une autre époque, et contiennent dans leur titre des mots tels que « nègre », « maure », ou encore « sauvage ». Ce sont ces titres qui seraient sujets à des modifications pour revêtir un aspect plus lisse et plus actuel. Cette décision fait effet après que le musée a reçu un nombre important de plaintes de la part de visiteurs.

Cette volonté, pour le moins incongrue, pose la question de l’histoire et de l’historicité de documents qui, au delà de leur portée artistiques, revêtent une importance dans leur dimension mémorielle, en tant que trace d’une époque aujourd’hui révolue. Ce choix est d’autant plus problématique qu’il efface une conjonction pourtant nécessaire entre le titre et l’oeuvre qui, elle, reste bien la même, conservant tout son pouvoir évocateur. L’art serait-il la nouvelle cible du politiquement correct au détriment se son essence ? Un comble !

VISUELS : © creative commons


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