Le directeur des Chorégies démissionne

14 mars 2016 Par Amel Bouziani | 0 commentaires

A cause d’un conflit avec la mairie d’Orange, le directeur général des Chorégies, Raymond Duffaut, a exprimé sa démission le 11 mars dernier.

Tourmente dans Les Chorégies d’Orange : le festival d’art lyrique le plus populaire de France est présidé par une municipalité d’extrême-droite. Raison pour laquelle le Directeur général des Chorégies d’Orange depuis 1981, Raymond Duffaut décide de quitter son poste ne supportant plus de « cohabiter » avec une Ville d’extrême-droite. Celle-ci est dirigée par le leader de la Ligue Du Sud (un parti d’extrême-droite) Jacques Bompard, qui fut maire depuis 1995, réélu en Mars 2014 pour un troisième mandat, dès le premier tour ! Le ministère de la culture se glisse dans l’affaire et ne se prive pas de menacer de retirer sa subvention.

Cacophonie aux Chorégies

L’affaire a débuté en Janvier, lorsque Thierry Mariani décide de démissionner en premier des Chorégies, président de l’Association depuis 20 ans et député des Français à l’étranger. La présidence du plus grand et plus ancien festival d’Art Lyrique (1869) n’est donc plus de son ressort. Or il n’est pas d’accord avec le choix du successeur de Raymond Duffaut, prévu pour fin 2017, Jean-Louis Grinda, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo.

En fonction depuis 1981, âgé de 74 ans, Raymond Duffaut, homme de Gauche, devait s’en aller à l’issue de la saison 2017. Avec le Maire d’Orange, Jacques Bompard, les débuts furent difficiles : la ville a suspendu à trois reprises sa subvention, compensée par l’Etat une seule fois. Certes, les relations avaient fini par se calmer ces dernières années mais Duffaut décide de terminer plus tôt en déposant sa démission, ne supportant plus la cohabitation avec une ville d’extrême-droite qui détient désormais la présidence du Festival depuis le départ du député républicain Thierry Mariani ! Présidente par intérim, Marie-Thérèse Galmard, adjointe à la mairie d’Orange et ancienne vice-présidente de l’association n’a pas planifié d’élection pour désigner un nouveau président. Mais selon M. Duffaut, cette dernière restera jusqu’à la fin du mandat de Mariani, en 2018.

« Coup de force » pour l’extrême-droite

Dans sa lettre de démission, Duffaut dénonce un « coup de force » de la mairie d’extrême-droite : « La ville considère que la présidence des Chorégies d’Orange lui revient de droit, s’indigne cette figure historique de la manifestation. La Ligue du Sud met la main sur le festival d’art lyrique ».

Pour Bompard, il n’y a aucun litige politique. Selon lui, « le conseil d’administration » a été très clair : la présidente actuelle par intérim est présidente de droit jusqu’à la fin du mandat ». Une interprétation contestée par M. Duffaut, qui souligne que les statuts prévoient cet intérim « en cas d’empêchement du président » et non en cas de démission.

La ministre de la Culture menace

Une affaire qui a fait écho jusqu’au ministère. La ministre de La Culture Audrey Azoulay, juste « anormale » la prise de contrôle par la municipalité d’extrême-droite et envisage de suspendre la participation de l’Etat au Festival Lyrique. Il faut que les règles de gouvernance soient respectées. En accord avec Christian Estrosi (président Les Républicains de la Région Provence Alpes-Côte d’Azur), elle en tirera consquences en tout début de semaine. (Source AFP, par le porte-parole du ministère)

Le festival, autofinancé à plus de 80% est fragilisé par la stagnation de ses subventions et une annulation en 2013 d’un récital du ténor star Franco-Italien Roberto Alagna a creusé le déficit.

Raymond Duffaut est une figure du monde lyrique et a contribué à la diffusion de l’Opéra à la télévision, avec quatre retransmissions prévues cet été des spectacles des Chorégies.

Visuel – Raymon Duffaut © ToutelaCulture

 


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