[Interview] Xavier Montagnon, Secrétaire général du CIPAC

28 octobre 2016 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Le 12 septembre dernier, se tenaient les premières assises  du CIPAC, la Fédération des professionnels de l’art contemporain. A cette occasion, nous avons demandé à Xavier Montagnon, son Secrétaire général de revenir sur cette journée. 

Que s’est-il passé le 12 septembre ? Pourquoi avoir monté cette journée ?

XM : Les 24 organisations professionnelles et réseaux qui composent le CIPAC se sont réunis lors des premières assises de la Fédération des professionnels de l’art contemporain. Le CIPAC organise, tous les 4 à 6 ans, un congrès qui est un moment de rencontres professionnelles et de recherche et dont la dernière édition a eu lieu en 2013 à Lyon.

La nécessité d’un rendez-vous plus régulier s’est imposée devant les évolutions récentes des politiques publiques.

Nous avons souhaité que ces assises permettent de rendre visible les enjeux de notre secteur face à la réforme territoriale, aux baisses des dotations des collectivités publiques et plus largement face à une forte inquiétude quant au devenir des politiques culturelles.

Lors de cette journée, la grande diversité des structures et des professionnels qui composent le CIPAC a pu porter un discours commun pour demander une concertation nationale pour les arts visuels et qu’une réflexion de fond puisse être engagée par les décideurs publics sur la place accordée à notre secteur.

L’Etat a annoncé la création d’un Conseil National pour les Arts Visuels, qu’espérez vous de cela ?

XM : Nous réclamons depuis maintenant plusieurs années et aux côtés du CPGA, de la FRAAP et de l’USOPAV la création d’une telle instance. Si la création de ce conseil est une nouvelle plutôt positive, il ne faut pas oublier qu’elle se fait à l’inverse de ce qui apparaîtrait comme une structuration logique de notre secteur. Le secteur des arts visuels ne dispose à ce jour ni de branche professionnelle, ni de convention collective et le dialogue social y est par conséquent inexistant.

Ce conseil national nous offrira donc la possibilité d’une concertation sur des sujets essentiels comme l’économie, l’emploi ou la formation, mais sans que les outils sur lesquels reposent ces sujets soient pour l’instant créés. Nous resterons donc très vigilants sur les prérogatives et les modalités exactes de fonctionnement de ce conseil.

Quels sont les obstacles et les périls rencontrés par les arts visuels aujourd’hui ?

XM : Le principal péril est dû à la précarité des artistes et à la fragilité économique de certaines structures, ainsi qu’au déficit de structuration de notre secteur. Outre cette dimension, la question de la considération politique accordée aux arts visuels est un véritable enjeu. Notre secteur est largement méconnu des élus. Et il est parfois une cible symbolique privilégiée. Lors des dernières élections municipales, départementales et régionales, certains candidats ont porté des discours résolument hostiles vis-à-vis des centres d’art, des FRAC ou des écoles d’art. Ceux qui ont été élus ont en général tenu leur promesse de baisses ou de coupes budgétaires.

 

Avez-vous l’impression que les artistes « visuels » se défendent moins bien, et sont donc moins bien considérés que les acteurs, les comédiens, les danseurs et les musiciens ?

XM : L’histoire du spectacle vivant, son poids économique, et surtout sa structuration font que les mobilisations opèrent une pression particulièrement importante sur les décideurs publics comme sur les partenaires du dialogue social.

Les modes de fonctionnement de notre secteur sont très différents. Je ne pense pas que l’on puisse dire que les artistes des arts visuels se défendent moins bien. Ils doivent cependant le faire avec des armes bien moins puissantes et sont beaucoup moins visibles.