Françoise Nyssen pour une Europe de la Culture

16 octobre 2017 Par
Guillaume Laguinier
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En représentante de la France, invitée d’honneur de la Foire du livre de Francfort, Françoise Nyssen s’est exprimée sur les orientations européennes des politiques culturelles face à une assemblée de professionnels du livre. Elle axe ses combats sur un triptyque Solidarité, liberté et protection.

nyssen

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Françoise Nyssen n’a pas chômé lors de sa visite à la Foire du Livre de Francfort, mercredi 11 octobre ! Entre remise de prix honorifiques, serrage de mains réglementaire et détour pour saluer quelques-uns des auteurs francophones présents, la ministre de la Culture a surtout pu rencontrer certains de ses homologues européens dans le cadre de discutions informelles sur l’avenir de l’Europe, versant culture.

Un moyen d’édicter de nouveaux enjeux majeurs, ou de confirmer les grandes pistes de réflexion déjà chaudes: parmi elles, la circulation des idées à l’heure du tout-numérique ou encore la juste rémunération entre les créateurs et les plateformes de diffusion.

Solidarité, Liberté, Protection

Quelques minutes avant de monter sur l’estrade face à laquelle 200 personnes l’attendaient de pieds fermes, Françoise Nyssen a fait, en guise de préambule, une rencontre de circonstance. Dans les allées de la Foire du Livre de Francfort, l’ancienne patronne d’Actes Sud est tombé nez à nez avec la plus célèbre des romancières Belges. Le micro de Nicolas Carreau, pour Europe 1, capte alors la scène;  Amélie Nothomb, expansive, lance à la ministre de la Culture « Merci pour tout ce que vous faites« , et l’ancienne éditrice de répondre: « Ne confondons pas ! Merci à vous ! C’est grâce à vous, les auteurs, que tout ça est possible. C’est ce que je vais essayer de défendre ici, au niveau de l’Europe« .

C’est vrai que l’occasion semblait belle: la France, invitée d’honneur de la 69e édition de la Foire du Livre de Francfort. Une aubaine pour Françoise Nyssen qui a tenté de transformer un simple acte de présence en prémices d’actes fondateurs vers une nouvelle idée de l’Europe de la Culture.

Car la France jouit toujours d’un prestige culturel certain à l’international, et veut continuer à faire office de précurseur en la matière. Ainsi l’hexagone porte, avec ses voisins Italiens, Allemands et Espagnols, le projet d’un « Erasmus de la culture ». Ce dernier devrait faciliter la circulation des citoyens, des artistes, des professionnels et des œuvres d’un pays à l’autre, autour des lieux culturels, et pourrait être expérimenté dans le courant de l’année à venir auprès des métiers du patrimoine. L’opération semble incarner le versant « Liberté » d’un triptyque républicain revisité « Solidarité, liberté et protection » derrière lequel Françoise Nyssen conduit sa politique culturelle européenne.

La protection, c’est celle des artistes, celle de leur rémunération, à l’heure du numérique. Les modulations du droit d’auteur seront défendues « avec vigueur » a déclaré, une fois encore, la ministre de la Culture qui souhaite, en complément, faire de la lutte contre le piratage un sujet prioritaire. A tel point qu’une nouvelle rencontre, officielle cette fois, est déjà prévue en marge de la Foire et  devrait promouvoir la chaîne du livre, tout en essayant de trouver les moyens pour créer un « pass culture » au niveau continental.

Pour ce qui est de la solidarité, enfin, il s’agira de renforcer la politique commune de soutien à la traduction en mobilisant d’avantage les fonds européens tout en incluant de possibles échanges de traducteurs dans le cadre, à nouveau, de l’Erasmus de la culture.  Surtout, la ministre a fait savoir sa volonté d’aider les initiatives culturelles à destination des réfugiés comme les sorties culturelles ou les cours de langues.

 Visuel : DR