[Festival d'Avignon] Bilan de la 70e édition 

24 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 2 commentaires

Déjà. La courte édition du 70e festival d’Avignon ferme ses portes aujourd’hui après 19 jours qui ont largement séduit. C’est un Olivier Py ravi qui en conférence de presse rappelle la cohérence de sa programmation et donne quelques petites pistes d’avenir.

« Les artistes ont voulu nous présenter l’espérance »
Oui, mais une espérance sombre. Nous l’avons souvent écrit lors de la couverture de cette édition, le fil conducteur était la guerre. « Ce qui se passe dans le monde résonne toujours très fort à Avignon » dit Olivier Py qui insiste: – un public, traditionnellement engagé et qui au regard des attentats de 2015 et 2016, « est devenu un public résistant ». Il le dit, Avignon n’est pas « un festival de divertissement ». Cette année, notamment grâce au Focus Moyen Orient, la connexion au monde était prégnante.

Olivier Py peut se targuer de beaux succès publics avec notamment des spectacles comme Les Damnés « Les succès dans la cour sont assez rares » dit-il avec humour lui qui avait déçu avec son Roi Lear. Mais, et là se niche l’identité du Festival d’Avignon, le public a largement applaudi des compagnies dont il ne connaissait pas le nom. On peut citer FC Bergman et son muet et parfait Het Land Nod qui disait la brutalité et les incohérences de notre civilisation. Bien sûr les travaux de Sophia Jupither sur le terrorisme et le racisme. Ou encore Ali Charour sur la condition des femmes au Liban.

Le grand nom de Krystian Lupa a été également cité. Lui n’est pas une découverte mais sa Place des Héros est apparue comme l’anti Dammés. Ici la radicalité d’une mise en scène pure a traité avec brio l’héritage et la permanence du nazisme en Autriche.

Audrey Azoulay, présente ce matin, l’a dit « La République est fière du Festival d’Avignon ». La formule a été précédée d’effets puisqu’une convention a été signée entre le Festival d’Avignon, le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Éducation Nationale.

Se rapprocher du public

Se rapprocher du public c’est d’abord le former, avec cette année un livret adressé au Jeune Public qui pour le moment concerne des grands enfants, plutôt en fin de primaire. Également 400 enfants ont été accueillis un après-midi dans la cour d’Honneur pour leur présenter le Festival. Il s’agit aussi de multiplier les rencontres artistes-spectateurs. 18000 sont venus aux Ateliers de la pensée, et le désir est fort de favoriser les présentations publiques de créations de spectacles. Certains choix peuvent être contestés. La Piccola Familia a elle raconté l’histoire du festival, quelquefois de façon très caricaturale et populiste. Par exemple leur épisode sur les « autrices » était l’occasion d’un lynchage en règle de l’institution qui les accueille.

Une réussite en chiffres.

Le Festival a compté 63 spectacles, soit 289 représentations. 126000 billets à la vente avec
un taux de fréquentation de 95%. La part du gratuit fut importante avec 47000 événements en entrées libres. En tout, le Festival a compté 167000 entrées. Cela n’a pas simplifié les contraintes de la sécurité renforcée par ordre du préfet. Olivier Py affirme que globalement le public s’est prêté au jeu, le remercie et ajoute : « On a mis tout les efforts que l’on pouvait »

L’Afrique à l’honneur en 2017.

Le directeur du Festival a été très secret sur le futur. Tout ce que l’on sait c’est que le Focus sera consacré à l’Afrique. Le désir est fort de creuser la piste d’une plus grande interaction entre le public et les temps de création. Il souhaite pérenniser les rencontres à Ceccano. Le mystère reste total sur un retour à trois semaines du Festival.

Trompettes de fin donc ce soir dans la Cour d’Honneur avec Prima Donna sur un festival qui aura su amener des artistes visionnaires aux travaux malheureusement prémonitoires. « Ce qui se passe sur les plateaux est un art d’avenir ». A l’année prochaine.

Visuel : ABN


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