Détournement à l’Opéra de Bordeaux : trois ans de prison pour Corinne Auguin

8 janvier 2016 Par Aurélie David | 0 commentaires

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné, jeudi 7 janvier, les époux Corinne et Philippe Auguin, respectivement, à trois ans et deux ans de prison ferme pour le détournement de 2,3 millions d’euros à l’Opéra de Bordeaux.

« La sévérité de la peine est à la mesure de la gravité des faits » a déclaré dans un communiqué la direction de l’Opéra de Bordeaux à l’annonce de la sentence prononcée à l’encontre des époux Auguin par le tribunal correctionnel de Bordeaux jeudi 7 janvier. Corinne, l’ex-régisseuse de 54 ans, et son mari Philippe, chauffeur routier de 55 ans, ont été condamnés pour le détournement, sur une dizaine d’années, de la somme mirobolante de 2,3 millions d’euros. Jugée début décembre pour « détournement de biens d’un dépôt public et faux en écriture », Corinne Auguin a été condamnée à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis et écrouée. Jugé pour « recel habituel de détournement de fonds publics », son mari a lui été condamné à trois ans de prison ferme dont un an avec sursis. Le tribunal a également ordonner le versement de 2.2 millions d’euros de dommages et intérêts envers la Régie de l’Opéra, partie civile lors du procès, ainsi que 5 000 € de préjudice morale envers l’une des collègues pour l’imitation de sa signature. La confiscation de leur maison a également été ordonné par la Cour.

Un détournement découvert en 2012

L’affaire débute le 16 avril 2012 lorsque Corinne Auguin est placée en garde à vue. Deux de ses collègues à l’Opéra de Bordeaux font l’étonnante découverte de deux chèques de 27 000 € et 35 000 € au nom de l’ex-régisseuse et sans justificatifs. Après une recherche approfondie, l’institution bordelaise fait le constat d’un détournement, à l’époque, de 137 594 €. Les soupçons se portant sur la comptable, pourtant décrite comme un « chien de garde des dépenses », celle-ci est immédiatement suspendue. Une enquête est alors ouverte et l’existence de vingt-neuf comptes bancaires au nom du couple est révélé. Puis les aveux progressifs, mais « sans aucun remords » viennent éclaircir l’affaire. Durant une dizaine d’année, le couple s’est servi de cet argent pour améliorer son confort de vie : maison avec piscine et spa, voitures, mobilier luxueux, vêtements de marque et bijoux de créateur. Excepté cet appât du gain, la Cour de Bordeaux n’a cependant pas réussi à établir les réelles motivations de Corinne Auguin, ni un possible manque de vigilance de la part de l’Opéra de Bordeaux victime de cette immense escroquerie.

Visuel : © CC BY-SA 3.0


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