Clément Chéroux quitte le Centre Pompidou pour le SFMoma

16 juin 2016 Par Alice Aigrain | 0 commentaires

Clément Chéroux, figure actuelle de la photographie au Musée Nationale d’Art Moderne (MNAM), quitte le Centre Pompidou pour diriger le nouveau département dédié au médium du Moma de San Francisco.

10 ans à Beaubourg

C’est après 10 ans au sein de l’institution que Clément Chéroux décide de faire profiter un autre musée de son expertise. Formé à l’Ecole nationale supérieur de la photographie d’Arles, puis à Paris I où il soutient une thèse en Histoire de l’art, il est nommé conservateur de la photographie en 2007, avant de prendre la tête en 2013 du Cabinet de Photographie et de faire ouvrir à la fin de l’année 2014, la Galerie de Photographie qui occupe une partie du sous-sol de l’établissement et propose des expositions gratuites. Clément Chéroux profite pour ce faire de la riche collection du Centre Pompidou qui comporte plus de 40.000 œuvres photographiques et forme ainsi la plus grande d’Europe, qu’il met en valeur à raison de 3 expositions temporaires par an dans la galerie de photographie auquel s’ajoute les accrochages au cours des traditionnelles expositions permanentes ou temporaires du MNAM. Il a aussi contribué, au sein de l’institution, à accélérer la politique d’acquisition afin d’enrichir la collection et de l’élargir notamment dans la période de l’après-guerre et contemporaine.

Le nouvel espace de photographie du SFMoma

Clément Chéroux quitte donc Paris, pour le Moma de San Francisco, qui en ouvrant le Pritzker center of photography, triple son espace dédié au médium. Par cette opération, le SFMoma devient ainsi le musée américain qui offre le plus de place à la photographie avec près de 14 000 m2. L’étage se compose d’un espace d’expositions permanentes mettant en avant la collection de 17000 œuvres de l’institution, d’une portion réservée à l’organisation d’expositions temporaires, ainsi qu’un lieu consacré à l’interactivité et un autre plus centré sur une approche pédagogique. Clément Chéroux a donc sous sa direction un terrain de jeu multiple et polymorphe, mission qu’il semble apte à relever à l’aide de son parcours muséal et universitaire. Il prend la tête du tout nouvel espace, succédant à Sandra Phillips qui officie dans les collections du Moma de San Francisco en faveur de la photographie depuis 1987. Philips est une figure emblématique du lien entre le médium et l’institution dont Clément Chéroux reprend le flambeau. Il souhaite également poursuivre une politique d’acquisition qui met en avant la photographie dans sa plus grande diversité, de pratique et de lieux de création.

Une vision élargie de l’intérêt de la photographie

Ce choix n’est pas surprenant de la part de Clément Chéroux, qui en tant que théoricien et historien de la photographie s’est largement penché sur les formes plus populaires, quotidiennes et diverses du médium que ne le faisait la traditionnelle histoire de la photographie. De Vernaculaires, essais d’histoire de la photographie (Point du jour, 2015) à Fautographie : petite histoire de l’erreur photographique, (Yellow Now, 2003), en passant par Avant l’avant-garde, du jeu en photographie, (Textuel, 2015), ses essais historiques et théoriques rappellent son intérêt pour une photographique dans la pluralité de ses usages. Une démarche qu’il poursuit dans ses expositions et qui se retrouvera sans doute dès l’année prochaine au Pritzker Centre du SFMoma.


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