Sud Radio accusé d’antisémitisme

1 septembre 2011 Par
Clement Fraioli
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Hier après-midi, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuelle a mis en demeure la station Sud Radio pour « propos discriminatoires ». Cette accusation est justifiée par une série de dérapages sur l’antenne, le 22 août dernier.

Ainsi, le 22 août, lors d’une émission de libre antenne présentée par Robert Ménard, un auditeur s’exprime sur l’affaire DSK. Ce dernier affirme alors que l’ex patron du FMI est soutenu par ses « copains juifs ». Conscient de la direction hasardeuse prise par le débat, l’animateur tente de le canaliser, non sans exprimer son désaccord avec l’auditeur.

L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais plus tard dans la journée, sur la même radio, cette « discussion » est reprise. En effet, les deux animateurs de l’émission Liberté de Parole, Michel Cardoze et Eric Mazet, rebondissent sur le sujet ; Mazet, enfonce même le clou en demandant si les auditeurs partagent le sentiment que DSK est « soutenu par les juifs ». Malgré l’agacement de Michel Cardoze, la boîte de Pandore est ouverte, et le débat va rapidement tourner au vinaigre. On assiste alors à un florilège de clichés nauséabonds sur le lobby juif de la part des auditeurs.

Dans un premier temps, la station réagit à la polémique en démentant tout « dérapage antisémite » et en affirmant que ce n’est qu’une « maladresse » d’Eric Mazet. Cependant, suite à la mise en demeure de la part du CSA, Sud Radio a émis un communiqué dans lequel elle dit prendre acte de la décision de l’instance audiovisuelle, et également que l’animateur Eric Mazet est mis à pied et remplacé par Laurence Peraud.

Certains profitent de cette affaire pour relancer le débat sur la liberté d’expression : pour exemple, Eric Mazet, au cours de l’émission, qui appelle ses auditeurs a exprimer leurs opinions sans retenue ou les internautes qui s’en donne à cœur  joie sur les forums.  Il faut tout de même rappeler que les propos discriminatoires, sur une base ethnique, religieuse, sexuelle ou autre, sont considérés comme des délits et punis par la loi. Ainsi, les exemples récents comme la condamnation d’Eric Zemmour, ou la sortie sur les « nègres » du créateur Jean-Paul Guerlain, montrent clairement que ce type de propos ne constitue pas une opinion comme une autre.

Sud Radio accusé d’antisémitisme